Varsovie rejette les projets de relocalisation des migrants de l’UE, prévient le président polonais

Le président polonais Karol Nawrocki a envoyé une lettre à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans laquelle il avertit que la Pologne ne participera à aucun plan de l’UE visant à transférer des migrants en situation irrégulière dans le pays.

EURACTIV Poland
Polish President Karol Nawrocki Meets Speedway World Champion Bartosz Zmarzlik
Le président polonais, Karol Nawrocki. [Getty Images/Olimpik_NurPhoto]

VARSOVIE — « Je ne consentirai pas à la mise en œuvre du pacte sur la migration et l’asile en Pologne », écrit le président polonais dans une lettre adressée à Ursula von der Leyen, datée du jeudi 9 octobre.

Le conservateur Karol Nawrocki, devenu président en août, avait promis pendant sa campagne électorale qu’il chercherait à se retirer unilatéralement du Pacte sur la migration et l’asile de l’UE. Il ne dispose toutefois pas de l’autorité constitutionnelle pour le faire.

Tout en reconnaissant que la migration irrégulière est un problème européen, Karol Nawrocki pense que la solution n’est pas de relocaliser les migrants en Europe centrale et orientale. Il a plutôt appelé à agir à la source, notamment en réprimant les passeurs.

Au début de l’année, le Premier ministre pro-européen Donald Tusk a également déclaré que Varsovie ne mettrait en œuvre aucun pacte sur les migrations, ni aucune disposition qui obligerait la Pologne à accepter des migrants identifiés dans d’autres pays européens.

Karol Nawrocki a toutefois déclaré qu’il était prêt à collaborer avec d’autres États membres de l’UE en matière de sécurité des frontières, d’opérations conjointes, de partage d’informations et d’aide technique aux pays confrontés à une forte pression migratoire.

Il a ajouté que la Pologne supportait déjà une lourde charge en défendant le flanc est de l’UE et en accueillant près d’un million de réfugiés ukrainiens après l’invasion russe de 2022.

En 2025, la Pologne consacre 4,48 % de son PIB à la défense, selon les données de l’OTAN, soit le pourcentage le plus élevé de l’Alliance. Trois ans après le début de l’invasion russe en Ukraine, 993 000 Ukrainiens bénéficiaient d’une protection temporaire en Pologne, estime l’Office polonais des étrangers.

Le président a également évoqué « la réticence de la grande majorité des Polonais, quelles que soient leurs opinions politiques », à accepter la relocalisation forcée de migrants en Pologne, sans toutefois fournir de données.

Selon un sondage Opinion24 réalisé pour RMF FM, pas moins de 75 % des Polonais s’opposent à ce que la Pologne accueille des migrants dans le cadre du mécanisme de solidarité. Seul un répondant sur cinq s’est déclaré favorable à l’accueil de migrants.

(asg)