Véhicules électriques : les ventes de Stellantis dépassent celles de Tesla
Le géant de l'automobile franco-italo-américain Stellantis a dévoilé mardi une hausse de 37 % de ses ventes de voitures électriques au niveau mondial, alors que l'Europe mise sur les véhicules électriques européens pour contrer l’offensive chinoise.
Le géant de l’automobile franco-italo-américain Stellantis a dévoilé mardi (31 octobre) une hausse de 37 % de ses ventes de voitures électriques au niveau mondial, alors que l’Europe mise sur les véhicules électriques européens pour contrer l’offensive chinoise.
Stellantis, né en 2021 de la fusion entre l’américain Fiat-Chrystler et le français PSA, a vu ses ventes augmenter de 11 %, tous véhicules confondus, par rapport au troisième trimestre 2022. Son chiffre d’affaires a quant à lui augmenté de 7 % dans la même période, pour atteindre 45,1 milliards d’euros.
Fait notable, les ventes de voitures électriques dans le monde ont bondi de 37 %, notamment grâce aux modèles Jeep Avenger, Citroën Ami et Peugeot E-208.
« Nous avons décroché la deuxième position en Europe, devant Tesla » a affirmé la directrice financière du groupe Natalie Knight, citée dans Les Echos. Le leader européen des véhicules électriques reste néanmoins derrière l’Allemand Volkswagen.
« Aujourd’hui, nous mettons tout en œuvre pour conserver notre dynamique […] tout en répondant aux enjeux clés du secteur à court terme et en poursuivant notre transformation électrique et technologique » a ajouté Mme Knight.
Avant de faire le pari de l’électrique, Stellantis était pourtant devenu l’un des plus grands pourfendeurs de la décision européenne d’interdire la vente de nouveaux véhicules à essence et diesel après 2035.
Carlos Tavares, qui dirige le groupe, avait à l’époque été le seul patron à condamner ouvertement le passage accéléré au tout-électrique. « Une décision dogmatique », voire « un mouvement organisé contre l’automobile », avait-il lancé à l’occasion du Mondial de l’automobile de Paris, souligne Le Monde.
Course UE-Chine
La veille, le leader mondial des véhicules électriques, le chinois BYD (« Build Your Dreams »), dévoilait lui aussi des résultats spectaculaires, avec une augmentation de 82 % de ses profits sur l’année pour atteindre 1,34 milliard d’euros (1,43 milliard de dollars).
La production de véhicules électriques est un des sujets industriels européens les plus brûlants, alors que la Chine s’est imposée comme producteur de premier plan ces 15 dernières années – maîtrisant parfaitement les chaînes de valeur et vendant sur le marché européen des véhicules largement moins chers que ses concurrents de l’UE.
Alors que les marques chinoises représentaient 8 % du marché des véhicules électriques européen en 2022, les données de la Commission européenne montrent qu’elles pourraient atteindre 15 % d’ici à 2025.
La France, dont l’automobile est un des premiers secteurs industriels, a donc toujours gardé un œil attentif sur la Chine – et mène la charge en Europe pour produire davantage de voitures électriques « made in Europe ».
Le mois dernier, le président Emmanuel Macron dévoilait un nouveau programme de « leasing social », à hauteur de 100 euros par mois, pour faciliter l’usage de voitures électriques produites sur le sol européen.
Dans la même veine, le gouvernement présentait en septembre une réforme de son « bonus écologique », afin de « récompenser les voitures électriques les plus vertueuses, en particulier celles fabriquées en France et en Europe », affirmait alors la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher.
« Une voiture fabriquée en Chine avec de l’électricité produite à partir de charbon ne bénéficiera pas du bonus écologique », ajoutait-elle.
En outre, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen annonçait dans son discours sur l’état de l’Union à la mi-septembre l’ouverture d’une enquête pour subventions chinoises abusives dans le secteur de l’automobile, après des mois de lobbying intensif de la part des Français.