Victoire écrasante, mais insuffisante, de l’AKP en Turquie

Les islamo-conservateurs ont remporté plus de 50% des voix. Un très bon score qui ne leur permet pourtant pas de mener une réforme constitutionnelle sans l’appui des autres partis.

EURACTIV.fr

Les islamo-conservateurs ont remporté plus de 50% des voix. Un très bon score qui ne leur permet pourtant pas de mener une réforme constitutionnelle sans l’appui des autres partis.

Le triomphe des conservateurs aux élections législatives était annoncé, il a été validé par les urnes.

A l’issue du scrutin du 12 juin, le parti de l’AKP, mené par le premier ministre sortant Recep Tayyip Erdogan, a remporté 51% des suffrages. Un score en progression par rapport aux élections de 2007, où les conservateurs avaient obtenu 46,5% des voix.

L’AKP devrait obtenir 325 sièges au Parlement, manquant de justesse le quota de 330 sièges exigé pour convoquer un référendum constitutionnel sans passer des alliances.

Obligation de consensus

S’il souhaite assurer la transformation du système politique turc vers un régime présidentiel, Recep Tayyip Erdogan devra composer avec l’opposition de centre gauche conduite par le Parti républicain du peuple. Celui-ci enregistre 25,9% des suffrages, soit 135 sièges.

« J’espère que ces élections contribueront à consolider la paix, les droits et les libertés », a déclaré Recep Tayyip Erdogan devant les caméras de télévision en présence de son épouse et de sa fille. Depuis son arrivée à la tête du gouvernement en 2003, la dénonciation de certaines pratiques enfle (mises sur écoute, détentions de journalistes dissidents, corruption, creusement des inégalités entre riches et pauvres…)

La campagne électorale en Turquie ne s’est pas attardée sur la question de l’adhésion du pays à l’UE. Le premier ministre a toutefois annoncé son intention de créer un ministère de l’UE.