Visite d’État à Berlin : Emmanuel Macron et le président allemand exhortent les citoyens à voter pour l’Europe en juin

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier et son homologue français Emmanuel Macron ont exhorté les électeurs à aller voter en juin pour les élections européennes, afin, selon eux, de protéger la démocratie face à un glissement probable vers l’extrême droite au sein du parlement de l’UE.

EURACTIV Allemagne
French President Macron visits Berlin
Emmanuel Macron est arrivé à Berlin pour une visite d’État de trois jours, alors que l’Allemagne célèbre le 75e anniversaire de sa Loi fondamentale (« Grundgesetz »). [[EPA-EFE/CLEMENS BILAN]]

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier et son homologue français Emmanuel Macron ont exhorté les électeurs à aller voter en juin pour les élections européennes. Selon eux, il s’agit de protéger la démocratie face à un glissement probable vers l’extrême droite au sein du parlement de l’UE.

Emmanuel Macron est arrivé à Berlin pour une visite d’État de trois jours, alors que l’Allemagne célèbre le 75e anniversaire de sa Loi fondamentale (« Grundgesetz »).

« L’histoire nous enseigne que là où il y a un manque de structures démocratiques, l’humanité et la raison politique sont également étouffées. Il n’est pas étonnant que ceux qui remettent en question la liberté, les droits humains et la démocratie soient les mêmes qui remettent en question le projet européen », a déclaré M. Steinmeier aux journalistes.

« C’est pourquoi […] nous avons un message très précis à faire passer lors de cette visite d’État. Dites oui à l’Europe, allez voter le 9 juin », a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a quant à lui adressé son appel aux jeunes.

« Nous ferons tout pour encourager les jeunes à se rendre aux urnes, y compris ceux qui votent pour la première fois », a déclaré le dirigeant français.

Ces commentaires s’inscrivent dans un contexte où les partis eurosceptiques d’extrême droite devraient gagner du terrain au Parlement européen lors des prochaines élections.

L’Allemagne et la France y seront confrontées, l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) arrivant en deuxième position dans certains sondages nationaux, tandis que le Rassemblement national (ID) de Marine Le Pen est en tête en France, avec près de 10 % d’avance sur le parti Renaissance (Renew) d’Emmanuel Macron dans les sondages.

Toutefois, la mobilisation des électeurs pourrait être la clé pour limiter ces avancées, car les électeurs d’extrême droite sont généralement moins enclins à voter.

En Allemagne, 54 % des partisans de l’AfD ont déclaré qu’ils ne s’intéressaient pas ou peu aux prochaines élections, selon un récent sondage Forsa, ce qui place l’AfD à l’avant-dernière place parmi tous les partis, devant le parti de gauche populiste BSW (64 %).

Mais M. Steinmeier, ancien membre du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD, S&D) de centre gauche, a admis qu’il n’existait pas de solution facile et durable pour stopper la montée de l’extrême droite.

Il ne faut pas s’attendre « à ce qu’après une évolution à long terme […], n’importe quel gouvernement, n’importe quel parti, puisse appuyer sur un interrupteur et que la situation soit telle que nous la souhaitons », a-t-il déclaré.

Emmanuel Macron a attribué les gains de l’extrême droite à la peur du changement des citoyens, qui, selon lui, doit être entendue et traitée, mais pas en « promouvant de mauvaises idées » et en «faisant de la démagogie ».