Washington presse l’UE d’alléger ses règles numériques visant les géants tech américains
Les États-Unis intensifient leur offensive contre les règlementations numériques européennes. Lundi 24 novembre, le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a exhorté Bruxelles à revoir en profondeur les règles qui encadrent les grandes plateformes, affirmant qu’elles ciblent de manière disproportionnée les entreprises technologiques américaines.
Dans une interview accordée à Bloomberg lors d’une visite à Bruxelles, où il rencontrait les ministres européens du Commerce pour discuter de l’accord transatlantique, Howard Lutnick a indiqué que l’UE devait assouplir son cadre numérique pour espérer conclure un accord « satisfaisant satisfaisant sur l’acier et l’aluminium » avec Washington.
Les deux textes européens en ligne de mire sont le règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) et celui sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA), qui imposent des obligations strictes aux entreprises dépassant certains seuils d’activité — une catégorie dans laquelle entrent principalement les géants américains de la tech.
« Cela ne peut pas être la règle, supprimons-la », a-t-il déclaré lors de l’entretien. « Élaborons un cadre raisonnable dans lequel ces entreprises peuvent se développer et se construire », a-t-il poursuivi, suggérant que cela inciterait les entreprises américaines à investir « des centaines de millions de dollars » dans des centres de données au sein de l’UE.
« L’idée est que si [l’UE] assouplit ce cadre règlementaire et le rend plus attractif pour nos entreprises, elle pourra bénéficier de centaines de milliards, voire d’un trillion de dollars d’investissements par an », a-t-il ajouté.
Howard Lutnick et le représentant américain au Commerce Jamieson Greer ont rencontré lundi la commissaire européenne aux Technologies, Henna Virkkunen, avec laquelle ils ont discuté, selon un communiqué de presse de la Commission, de « l’importance » de faire respecter les règles du DSA et du DMA.
Henna Virkkunen a également présenté le programme de simplification de l’UE, notamment le paquet de simplification des règlementations numériques (surnommé « omnibus numérique ») dévoilé la semaine dernière. Ce dernier propose de tailler dans les règles de l’UE en matière de protection de la vie privée et un gel des règles relatives aux IA à haut risque.
Bien que Howard Lutnick n’ait pas commenté sa rencontre avec la commissaire Virkkunen, il a déclaré à Bloomberg qu’il avertissait les ministres qu’il rencontrait en Europe de modifier leur modèle règlementaire s’ils voulaient que les entreprises technologiques américaines investissent dans l’UE.
« Il y a la carotte et le bâton », a affirmé Howard Lutnick.