Weber en passe d’annoncer sa candidature à la Commission
Il a reçu la bénédiction d’Angela Merkel et des principales délégations allemandes. Manfred Weber, qui dirige le groupe PPE au Parlement européen, devrait bientôt confirmer sa candidature à la présidence de la Commission européenne.
Il a reçu la bénédiction d’Angela Merkel et des principales délégations de la droite européenne. Manfred Weber, qui dirige le groupe PPE au Parlement européen, devrait bientôt confirmer sa candidature à la présidence de la Commission européenne.
Selon des responsables du PPE, le dirigeant du Parti populaire européen a multiplié ses prises de contacts avec les dirigeants et les décideurs politiques ces derniers mois.
Le moment clé s’est déroulé en début de semaine lorsque Angela Merkel lui a donné sa bénédiction pour représenter le PPE lors des élections européennes de mai prochain.
Des sources au PPE soulignent que la chancelière n’ira pas jusqu’à faire campagne pour Manfred Weber. Mais son soutien au responsable bavarois consolide ses chances de devenir Spitzenkandidat de la droite.
La CSU (Union chrétienne-sociale en Bavière) est le petit partenaire de la coalition allemande au pouvoir.
Manfred Weber pourrait confirmer sa candidature dès la semaine prochaine, avant la réunion PPE jeudi et vendredi prochain à Vienne. Le parti se réunit deux ou trois fois par an. La dernière rencontre a eu lieu dans la capitale de la Bavière, Munich, en juin.
L’immigration est la principale préoccupation de l’organisateur de la réunion viennoise, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, dont le pays détient actuellement la présidence tournante de l’UE.
Un dossier qui sera aussi la priorité de Manfred Weber. « C’est un sujet qui pourrait anéantir l’Europe », souligne un responsable PPE.
L’immigration, un dossier brulant pour les électeurs bavarois, est un sujet qu’il a traité en tant que membre de la commission libertés civiles, justice et affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen.
Manfred Weber défendait une aide de « milliards de dollars » aux pays d’Afrique du Nord pour leur coopération en matière d’immigration, comme l’Europe l’a fait avec la Turquie. L’objectif serait d’établir des centres dans les pays tiers pour déterminer qui a le droit à l’asile ou non.
Dans le même temps, il a déclaré que l’Europe avait besoin de « résultats tangibles » dans la gestion de ses frontières extérieures.
Le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov a été invité à la réunion à Vienne étant donné son expérience sur la question. Son pays est doté d’une frontière extérieure avec la Turquie, et les collègues du PPE saluent ses efforts pour lutter contre les traversées illégales.
Le nouveau chef de file du Parti populaire espagnol, Pablo Casado, sera aussi présent à Vienne. Sa nomination est perçue comme un glissement vers la droite par rapport à la période de Mariano Rajoy. Ces dernières semaines, il a adopté la ligne dure de la CSU ou de Sebastian Kurz sur la migration.
Les responsables du PPE estiment que Manfred Weber pourrait avoir le soutien des membres du PPE d’Allemagne, d’Espagne, d’Irlande, de Croatie et de France, entre autres. En revanche, l’hypothèse d’une candidature de Michel Barnier, négociateur de l’UE pour le Brexit, semble s’amenuiser.
L’ancien Premier ministre finlandais, Alexander Stubb, ex Premier ministre finlandais, est aussi candidat pour mener le PPE aux Européennes. Il représente une vision plus moderne de la politique, et pourrait, en dehors de sa propre délégation, remporter le soutien des pays baltes et de quelques pays de l’est, bien que toute proposition visant à réduire les fonds de cohésion risque de les éloigner.
Mais le Finlandais représenterait une option plus acceptable pour nombre de pays, dont la France, lassés de la main-mise de l’Allemagne sur la Commission européenne. D’autant que Juncker était, déjà, le candidat de Merkel, même s’il a pris ses distances avec la chancelière par la suite.
Les candidats peuvent annoncer leur candidature entre le 15 septembre et le 16 octobre. Le parti choisira son Spitzenkandidat lors d’un congrès à Helsinki début novembre.
Malgré le soutien d’un grand nombre de membres du parti, Manfred Weber est une personnalité assez méconnue des électeurs européens.
Mais pour les membres du PPE, ce n’est pas un handicap, étant donné que les autres noms qui font surface dans d’autres partis, comme le vice-président de la Commission Maroš Šefčovič, sont tout aussi inconnus en Europe.
Quel que soit l’heureux élu, la tâche de monter une coalition dans le futur Parlement européen qui sortira des urnes fin mai prochain s’annonce rude. Les partis placés aux extrêmes risquent en effet de gagner des sièges, et le Parti socialiste européen, qui était un partenaire de coalition assez naturel pour le PPE jusqu’alors, risque de voir ses rangs clairsemés.