La santé mentale au coeur de l’Union européenne de la santé

À l’occasion de la conférence organisée par la Commission européenne dans le cadre de la Journée mondiale de la santé mentale, la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, présente les initiatives de l’exécutif dans une tribune pour Euractiv.

Press conference by Margarítis Schinás and Stella Kyriakides o
Stella Kyriakides, la commissaire européenne à la Santé et la Sécurité alimentaire. [<a href="https://audiovisual.ec.europa.eu/en/photo-details/P-061316~2F00-16" target="_blank" rel="noopener">[Commission européenne/Aurore Martignoni]</a>]

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À l’occasion de la conférence organisée par la Commission européenne dans le cadre de la Journée mondiale de la santé mentale, la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, présente les initiatives de l’exécutif en la matière dans une tribune pour Euractiv.

Stella Kyriakides est la commissaire européenne en charge de la Santé et la Sécurité alimentaire.

Il n’y a pas de santé sans santé mentale. Cela peut sembler simple, mais la mise en œuvre de ce principe est bien plus complexe qu’il n’y paraît.

En tant que psychologue clinicienne, et ayant travaillé de nombreuses années à l’intersection entre la santé physique et la santé mentale, je suis tout à fait consciente du rôle important que joue notre bien-être mental sur notre santé physique.

Au cours de ma carrière politique, j’ai toujours plaidé sans relâche pour que les questions de santé mentale deviennent une priorité en matière de santé publique.

Les données dont nous disposons montrent comment des évènements récents, tels que la pandémie de Covid, les crises géopolitiques, la digitalisation, l’augmentation du coût de la vie ou encore l’écoanxiété ont exacerbé les problèmes de santé mentale dans l’Union européenne.

Près d’un Européen sur deux a rencontré un problème émotionnel ou psychosocial, comme un sentiment de dépression ou d’anxiété, au cours des douze derniers mois, et un Européen sur quatre dit se sentir épuisé.

Des millions de citoyens européens sont aujourd’hui confrontés à des problèmes de santé mentale et souffrent de dépression, d’anxiété, de peurs ou d’inquiétudes, d’un manque d’estime de soi ou d’autres problèmes qui affectent leur vie quotidienne de manière négative.

Par ailleurs, des statistiques alarmantes montrent que le nombre d’enfants et d’adolescents souffrant de dépression a doublé depuis le début de la pandémie. Le suicide est désormais la deuxième cause de décès prématuré chez les jeunes.

Nos jeunes générations sont notre avenir, elles devraient être remplies de joie, d’excitation et d’espoir face à ce qui les attend et à la vie qu’il leur reste à vivre.

Il est grand temps de changer de cap et de faire de la santé mentale une priorité dans l’agenda politique.

Ces dernières années nous ont appris que nous pouvons faire beaucoup plus pour la santé de nos concitoyens lorsque nous travaillons ensemble. C’est là le principe fondamental de l’Union européenne de la santé que nous bâtissons.

Dans cette Union, chacun travaillera de concert afin d’améliorer la prévention, le traitement et la prise en charge des citoyens et des maladies telles que le cancer, et l’une des principales priorités sera de garantir collectivement des systèmes de santé robustes et l’accès à des soins de qualité et à des médicaments à des prix abordables pour tous, quel que soit son lieu de résidence.

En finir avec la stigmatisation, rendre les soins de santé mentale accessibles à nos communautés et agir collectivement pour chaque citoyen vivant avec des problèmes de santé mentale doit être au cœur de l’action de l’Union européenne.

Aujourd’hui, plus de 50 % des citoyens européens souffrant de problèmes de santé mentale n’ont pas reçu l’aide d’un professionnel. Cette situation ne peut plus durer.

Avec la toute première stratégie de l’UE en matière de santé mentale, nous avons franchi une étape importante pour remédier à ces problèmes et mettre la santé mentale sur un pied d’égalité avec la santé physique.

Avec le recul, nous pourrons dire que 2023 est l’année où nous avons ouvert une nouvelle ère pour notre engagement collectif et encouragé un dialogue ouvert en vue d’une société où dire « je ne vais pas bien, et ce n’est pas grave » est aussi normal que de parler d’une jambe cassée ou d’une fièvre.

Notre nouvelle approche consiste essentiellement à ne plus envisager la santé mentale sous un seul angle, qu’il soit économique, social ou sanitaire, mais à apporter une réponse globale qui touche tous les aspects de la société et s’étend à tous les domaines d’action.

Avec les États membres, nous privilégions une action qui touche tous les domaines politiques, de l’éducation et l’emploi à la numérisation et à la culture, et qui intervient à tous les stades de la santé mentale, de la prévention et de la détection initiale à la réinsertion et à la qualité de vie.

Avec 20 actions phares et plus de 1,2 milliard d’euros de financement, nous sommes en train de lancer, en collaboration avec les États membres et les acteurs du secteur, des actions visant à soutenir les réseaux de santé mentale des enfants et des jeunes, et à protéger ceux-ci dans la sphère numérique.

Nous travaillons également sur une initiative européenne de prévention de la dépression et du suicide, sur un code européen de la santé mentale et sur la formation des professionnels de la santé.

Avec une initiative européenne sur les risques psychosociaux liés au travail et des campagnes de sensibilisation sur le lieu de travail à l’échelle de l’UE, nous contribuerons également à résoudre les problèmes liés au monde du travail. Ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses actions que nous mettrons en œuvre au cours des mois et des années à venir.

Un nouveau chapitre s’est ouvert pour la santé mentale dans l’UE. Un chapitre qui, nous l’espérons, permettra à chaque citoyen vivant avec des problèmes de santé mentale de mener une vie plus saine et plus heureuse