Lettre à José Manuel Barroso

Dans un courrier envoyé au président de la Commission européenne, le think tank Confrontations Europe, présidé par Claude Fischer et Philippe Herzog, demande à José Manuel Barroso d’intervenir pour aider à libérer l’ancien général de l’Armée de la République de Bosnie-Herzégovine, Jovan Divjak. Combattant contre l’épuration ethnique menée par Milosevic, il a été arrêté le 3 mars 2011. EURACTIV.fr reproduit la lettre envoyée au président de la Commission.

Dans un courrier envoyé au président de la Commission européenne, le think tank Confrontations Europe, présidé par Claude Fischer et Philippe Herzog, demande à José Manuel Barroso d’intervenir pour aider à libérer l’ancien général de l’Armée de la République de Bosnie-Herzégovine, Jovan Divjak. Combattant contre l’épuration ethnique menée par Milosevic, il a été arrêté le 3 mars 2011. EURACTIV.fr reproduit la lettre envoyée au président de la Commission.

A Monsieur José Manuel Barroso

Monsieur le Président,

Jovan Divjak, ancien général de l’Armée de la République de Bosnie-Herzégovine et directeur de l’association L’Education construit la Bosnie-Herzégovine a été arrêté le 3 mars 2011 à l’aéroport de Vienne par les autorités autrichiennes, sur demande du gouvernement serbe qui l’accuse de «crimes de guerre» et exige son extradition.

Il est scandaleux et préoccupant que Jovan Divjak, qui a combattu contre la guerre d’épuration ethnique menée alors par les armées de Milosevic, et qui symbolise le combat pour une Bosnie-Herzégovine réconciliée, soit aujourd’hui persécuté et accusé par des autorités serbes qui persistent à nier la responsabilité de la Serbie dans la guerre et le siège de Sarajevo.  

Confrontations Europe avait fait sa connaissance il y a quelques années, à l’occasion d’une conférence que nous avions organisée à Sarajevo. Son courage et l’originalité de sa démarche nous avaient marqués, de même que la force de son choix pour défendre la Bosnie-Herzégovine et Sarajevo, et nous saluions son action auprès des orphelins de guerre. La France l’avait d’ailleurs décoré de la Légion d’Honneur pour son attitude exemplaire.

C’est donc avec beaucoup de détermination que nous nous sommes engagés avec toutes les associations qui se mobilisent en Bosnie-Herzégovine comme en Serbie, en France comme en Europe, pour demander la libération de Jovan Divjak.

Nous vous invitons à prendre connaissance de la pétition lancée pour appeler à sa libération, que de nombreux amis comme Jérôme Vignon ou Michel Rocard ont signée http ://www.petitionenligne.fr/petition/petition-pour-la-liberation-immediate-de-jovan-divjak-/990.

Les autorités judiciaires autrichiennes ont certes décidé de libérer Jovan Divjak sous caution, mais il n’a pas le droit de quitter l’Autriche et aucune décision définitive n’a encore été prise quant à son extradition. La procédure peut encore durer des semaines. 

La Commission européenne doit assumer toute sa responsabilité en exigeant des autorités serbes qu’elle renonce à l’accusation pour crimes de guerre portée à son encontre, et intervienne auprès des autorités autrichiennes pour que Jovan Divjak retrouve sa liberté pleine et entière. Jovan Divjak figurait sur une liste noire de 19 suspects de crimes de guerre établie par la Serbie  : la Commission doit exiger l’arrêt de toute poursuite au risque que soit entretenu l’amalgame entre ceux qui ont mené une guerre honteuse d’épuration ethnique,  et ceux qui l’ont combattue avec honneur et courage. Alors que les criminels comme Madlic et Hadzic courent toujours, il serait injuste et nocif que des héros de la paix soient poursuivis, et que le général Divjak soit maintenu un jour de plus en liberté surveillée, jetant le trouble dans cette région qui a besoin de clarification pour pouvoir penser son avenir.   

C’est pourquoi, nous vous demandons de bien vouloir intervenir, avec toute votre autorité de président de la Commission européenne, pour que celle-ci clarifie les responsabilités et aide ainsi à restaurer un climat de confiance en Bosnie-Herzégovine et des relations apaisées entre tous les pays des Balkans occidentaux. « La démocratie de l’Europe se joue dans les Balkans » avons-nous pu écrire  : nous sommes convaincus qu’il dépend aussi de nous pour que la vocation de tous les pays des Balkans occidentaux d’entrer dans l’Union européenne se concrétise le plus vite possible.   

Dans l’espoir de votre engagement,

Recevez, Monsieur le Président, nos salutations les meilleures,

Claude Fischer et Philippe Herzog