Premier jour d'indépendance du Kosovo

Suite à la déclaration d'indépendance du Kosovo le 17 février, il est désormais essentiel que les leaders de la province albanaise établissent le dialogue avec la minorité serbe afin d'éviter des troubles potentiels et de les intégrer à la société, comme l'affirme Alex Anderson dans une analyse pour le Balkan Insigh, publiée par le International Crisis Group.

Suite à la déclaration d’indépendance du Kosovo le 17 février, il est désormais essentiel que les leaders de la province albanaise établissent le dialogue avec la minorité serbe afin d’éviter des troubles potentiels et de les intégrer à la société, comme l’affirme Alex Anderson dans une analyse pour le Balkan Insigh, publiée par le International Crisis Group.

« Les Albanais du Kosovo ont besoin de la respectabilité qu’une transition en douceur apportera à leur État naissant », écrit Anderson, avertissant que la violence ne ferait que réduire le nombre de pays disposés à reconnaître son indépendance et effrayer les investisseurs étrangers potentiels.

Une transition tranquille permettrait à Pristina et à ses partisans – les États-Unis et la plupart des pays de l’UE – d’affirmer que tout a changé, tandis que des célébrations albanaises exubérantes « pourraient déclencher une série de provocations et d’affrontements entre Albanais et Serbes », met en garde l’auteur.

La ville divisée de Mitrovica est particulièrement vulnérable à une telle rupture, craint Anderson, qui identifie les petits groupes extrémistes armés, principalement du côté albanais, comme une menace. Les 17 000 soldats de la KFOR dirigée par l’OTAN, ainsi que la police locale et celle des Nations unies « devront être sur le qui-vive », dit-il.

L’auteur appelle également l’UE à mieux répondre à la principale crainte des Serbes du Kosovo : que l’indépendance entraîne la destruction automatique par les Albanais du Kosovo de leurs institutions parallèles financées par Belgrade, telles que les écoles et les centres médicaux, qui constituent la pierre angulaire de la sécurité de leur communauté.

L’analyse conclut en affirmant que la sensibilisation du public est essentielle pour instaurer la confiance dont toutes les parties auront besoin pendant la période d’incertitude à venir.

« Une communication plus large et la création de ponts pourraient donner aux Albanais et aux Serbes du Kosovo un scénario commun pour la transition », qui pourrait se lire comme suit : « Nous sommes en désaccord sur le statut, mais nous sommes d’accord pour ne pas nous battre à ce sujet », écrit M. Anderson.