Russie-Europe : un regard empreint de méfiance

Dans une étude publiée sur Diploweb.com, Céline Bayou, chargée de cours à l’Inalco, revient sur les relations fragiles qu’entretiennent la Russie et l’Union européenne depuis la chute de l’URSS.

Dans une étude publiée sur Diploweb.com, Céline Bayou, chargée de cours à l’Inalco, revient sur les relations fragiles qu’entretiennent la Russie et l’Union européenne depuis la chute de l’URSS.

User de l’arme énergétique, notamment comme d’un levier diplomatique, est quasiment un aveu de faiblesse de la part de Moscou  : la Russie dépend du marché client européen mais aussi des techniques européennes, et elle doit éliminer le risque lié au transport des hydrocarbures. Beaucoup d’incertitudes pour un pays qui a retrouvé sa superbe grâce à la hausse des prix des hydrocarbures. Indéniablement, c’est cette augmentation des cours mondiaux de l’énergie qui, en rendant sa confiance à la Russie, l’a rendue moins encline à la coopération avec l’Europe communautaire, ou du moins à une coopération qu’elle juge inégale.

L’intransigeance de la Russie actuelle est liée à sa perception d’un partenaire européen qui a tenté de lui imposer ses valeurs sans contrepartie et d’une manière selon elle inadaptée et humiliante. Dès qu’elle s’est redressée, la Russie s’est éloignée du modèle libéral occidental pour s’orienter vers celui d’un État national fort. Il faudra un peu plus que les quelques discours techniques de D. Medvedev pour juger d’un véritable infléchissement. Dès lors, la Russie n’a plus vu l’UE comme un partenaire stratégique mais comme une menace pour ses ambitions en Europe.