Schengen à l’épreuve des révolutions arabes

Dans un article publié par le site Telos, le professeur d’économie à l’université Bocconi (Italie) Tito Boeri revient sur les projets de réforme de la convention de Schengen. Selon lui, les propositions franco-italienne visant à restreindre l’espace européen de libre circulation des personnes sont "de la folie".

Dans un article publié par le site Telos, le professeur d’économie à l’université Bocconi (Italie) Tito Boeri revient sur les projets de réforme de la convention de Schengen. Selon lui, les propositions franco-italienne visant à restreindre l’espace européen de libre circulation des personnes sont « de la folie ».

L’afflux récent de migrants à Lampedusa a conduit Berlusconi et Sarkozy à demander une suspension temporaire de la libre circulation dans les pays de l’UE confrontés à des vagues de réfugiés et de migrants illégaux. Une telle mesure serait de la folie. L’UE a besoin de plus de mobilité, pas moins.

Lampedusa est une île magnifique, située plus près de l’Afrique du Nord que de la Sicile. Au cours des deux derniers mois, elle a été envahie par des migrants, principalement en provenance de Tunisie.

Dès le début de la crise, le gouvernement italien a demandé que l’UE s’implique, sous la forme d’une opération de partage de la charge. Cette demande a été accueillie avec scepticisme par les États membres comme l’Allemagne qui fournissent le statut de réfugié à sept fois plus de personnes que l’Italie en proportion de la population résidente. Elle a également été contestée par le président Sarkozy, qui craignait un afflux massif de migrants clandestins ; les autorités françaises sont allées jusqu’à bloquer un train à Vintimille pour empêcher les migrants – qui avait entre temps reçu un permis de séjour temporaire italien – de traverser la frontière, comme prévu par les accords de Schengen.