La stratégie paneuropéenne des Verts pour les élections européennes
La stratégie de campagne des Verts sera plus axée sur l’Europe que celle des autres partis politiques, a confié à EURACTIV Terry Reintke, co-présidente du groupe des Verts au Parlement européen.
La stratégie de campagne des Verts sera plus axée sur l’Europe que celle des autres partis politiques, a confié à EURACTIV Terry Reintke, co-présidente du groupe des Verts au Parlement européen.
« Nous voulons mener une vraie campagne électorale européenne où nous nous rassemblerons en tant que partis écologistes européens dans une grande campagne. Je pense que les autres groupes tentent également de le faire, mais ne réussissent pas aussi bien que nous dans le passé », a affirmé l’eurodéputée.
Les prochaines élections européennes auront lieu entre le 6 et le 9 juin 2024. La loi électorale de l’UE ne fixe que quelques normes minimales pour les États membres, par exemple l’annonce des résultats des élections le même jour, tandis que pour le reste, c’est la législation nationale qui s’applique. Pour cette raison, la plupart des partis préfèrent des campagnes nationales fortes plutôt que des campagnes paneuropéennes.
Bien que les partis écologistes des États membres soient très « différents » les uns des autres, notamment en termes de présence de membres élus aux différents niveaux de gouvernement, « sur les questions d’actualité, [nous voulons] avoir une orientation européenne très forte », a-t-elle déclaré.
Les priorités
En ce qui concerne les sujets que le groupe considère comme essentiels pour les prochaines élections européennes, Mme Reintke a mentionné le changement climatique et « comment, avec le Green Deal, et avec une voie encore plus ambitieuse vers la neutralité climatique, nous pouvons encore renverser toutes les implications négatives que le changement climatique a déjà et aura si nous n’en faisons pas assez ».
Elle a également déclaré que la « justice sociale » serait une priorité.
« Nous voyons qu’il y a un fossé croissant entre les riches et les pauvres dans nos sociétés, et que ce fossé est accentué par la crise que nous connaissons actuellement. Nous voulons donc aborder la question des bonnes conditions de travail, des bons salaires et des raisons pour lesquelles l’Union européenne devrait jouer un rôle plus important dans ce domaine », a soutenu l’eurodéputée.
« Et nous allons certainement parler de la démocratie », a ajouté Mme Reintke.
« Car, de ce que nous voyons en Europe et dans le monde, la démocratie et la liberté sont attaquées. Nous voulons envoyer un signal très fort pour dire que nous voulons défendre et même élargir la démocratie », a-t-elle ajouté, précisant l’importance de la lutte contre les partis d’extrême droite, qui gagnent en popularité en Europe.
Spitzenkandidat
Concernant la possibilité pour les partis d’élire en interne un candidat à la présidence de la Commission européenne, l’eurodéputée a confirmé qu’il existait un accord de principe au sein du parti pour lancer le processus, qui en effet a été lancé lors du congrès du Parti vert européen à Vienne vendredi (2 juin).
Les Verts confirmeront probablement l’élection de deux spitzenkandidaten, afin de garantir une représentation égale des genres.
« De notre point de vue, cela européanise les élections européennes. Et cela donne évidemment une orientation plus européenne au débat public et à la campagne », a déclaré Mme Reintke.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]