« La composition du Comité européen du risque systémique est une aberration »

Le président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) a écrit une lettre à Bercy avec les représentants des assureurs allemands.

Le président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) a écrit une lettre à Bercy avec les représentants des assureurs allemands.

Vous avez adressé une lettre commune avec la Fédération des assureurs allemands (GDV) aux ministres français et allemands, dans l’optique du Conseil européen. De quoi s’agit-il exactement?

Cette lettre a été envoyée la semaine dernière à Christine Lagarde et à son homologue allemand. Nous y signalons notre approche commune, franco-allemande, et y disons notre préoccupation sur les normes comptables et sur la composition du Comité européen des risques systémiques (CERS).

Que demandez-vous?

Ce sont des sujets très complexes qu’il est impossible de résumer en quelques phrases. Mais disons simplement que sur les normes comptables, on a un ensemble de préoccupations qui font que c’est un exercice qui ne prend pas suffisamment en compte les spécificités des métiers de l’assurance, et sur laquelle il y a une urgence à modifier un certain nombre de dispositions pour ne pas provoquer des effets systémiques et des effets qui viennent amplifier les risques. 

Et pour le Comité européen des risques systémiques?

On sait qu’il est composé de 61 personnes, ce qui est grotestque si l’on veut qu’il fonctionne. Sur ces 61 personnes, il n’y a qu’un seul représentant du secteur de l’assurance. C’est une aberration.

De deux choses l’une : soit l’on veut mettre dans un même lieu l’ensemble des acteurs pour avoir l’ensemble des points de vue, et les assureurs en représentent la moitié; ou bien on considère qu’ils sont complètement étrangers aux risques systémiques, et ils ne siègent pas au CERS. Les Allemands comme les Français arrivent à la même conclusion : cette situation n’est pas acceptable.