Covid-19 : les députés européens appellent à lutter contre les « fake news » sur les vaccins

Mercredi (15 décembre), les eurodéputés ont débattu de la stratégie européenne pour faire face à la pandémie et au nouveau variant Omicron. Deux propositions phares : lutter contre les fake news sur la vaccination et vacciner les pays les plus pauvres.

Euractiv France
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66 % de la population européenne est entièrement vaccinée, mais à travers le continent il existe de grandes disparités. [MikeDotta/Shutterstock]

Mercredi (15 décembre), les eurodéputés ont débattu de la stratégie européenne pour faire face à la pandémie et au nouveau variant Omicron. Deux propositions phares : lutter contre les fake news sur la vaccination et vacciner les pays les plus pauvres. 

66 % de la population européenne est entièrement vaccinée, mais à travers le continent il existe de grandes disparités. « Le taux de vaccination dans mon pays est de 90%, alors que dans d’autres pays il n’atteint même pas les 40% », a souligné l’eurodéputée espagnole Iratxe García Pérez, mercredi, lors de la session plénière.

La Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie sont les pays où le taux de vaccination de la population est le plus faible. En Bulgarie, seuls 26 % des citoyens sont vaccinés.

Depuis quelques semaines, l’Europe est confrontée à une cinquième vague de Covid-19. Si pour le moment l’augmentation des cas est principalement due au variant Delta, le nouveau variant Omicron suscite de nombreuses inquiétudes.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a déclaré, dans son discours d’ouverture, qu’elle était « inquiète » face au variant Omicron qui pourrait être encore plus « contagieux » que les autres et ainsi faire « doubler le nombre d’infections » dans les prochains jours.

« Les vaccins et les rappels sont nos meilleurs alliés dans cette lutte », a rappelé Anze Logar, ministre slovène des affaires étrangères, également présent à la session plénière.

Lors du débat qui s’est déroulé au Parlement européen à Strasbourg avec Mme von der Leyen et M. Logar, les députés ont exprimé (une nouvelle fois) la nécessité d’une campagne de vaccination forte au sein de l’UE et plus globalement dans le monde pour tenter de faire face à cette nouvelle vague.

Cependant, pour que la campagne de vaccination au sein de l’UE soit un succès, les députés ont souligné deux prérogatives : lutter contre la désinformation et renforcer le mécanisme Covax.

La désinformation est l’un des principaux obstacles à la vaccination, notamment dans les pays d’Europe de l’Est. « Dans certains États membres, la Commission a lancé des campagnes d’information ciblées sur l’efficacité des vaccins », a souligné Mme von der Leyen.

Mais pour l’eurodéputé allemand Manfred Weber (PPE), l’UE et les États membres doivent aller plus loin dans la lutte contre la désinformation, notamment lorsqu’il s’agit des réseaux sociaux.

Si les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou encore Instagram ne prennent pas de mesures pour lutter contre les fakes news qui circulent sur les vaccins, « alors nous devons le faire via la législation », a-t-il averti.

Le député français Stéphane Séjourné (Renew) a, pour sa part, directement accusé le parti d’extrême droite ID de sacrifier « la santé des gens sur l’autel » de leurs « préoccupations électorales ».

« Certains de vos membres et délégations continuent de refuser d’appeler à la vaccination des personnes pour des raisons électorales », a-t-il fustigé.

L’eurodéputé ID Marco Zanni n’a pas fait de commentaire à ce sujet, se contentant de dire que la campagne de vaccination n’a pas été suffisante, et qu’il faut trouver des solutions supplémentaires.

« Nous devons améliorer notre capacité à cibler ces nouveaux variants, car il est tout à fait clair qu’il y a beaucoup de travail à faire », a-t-il ajouté.

Renforcer Covax

Certains députés ont également appelé à livrer davantage de vaccins à d’autres pays par le biais du mécanisme Covax.

« Nous devons absolument vacciner le monde entier. L’Europe est une force motrice à cet égard », a déclaré M. Séjourné.

Lancé en avril 2020, le mécanisme Covax repose sur une collaboration mondiale et vise à fournir des vaccins aux pays les plus pauvres. L’UE s’est engagée à fournir 700 millions de doses de vaccin jusqu’en 2022. Jusqu’à présent, 118 millions de doses ont été livrées.

Afin de renforcer la campagne de vaccination, le parti des sociaux-démocrates a demandé à la Commission de lever les brevets pour les vaccins contre la Covid-19 et les produits connexes.

« Il est totalement inacceptable que la Commission européenne bloque cette initiative particulière », a déclaré Mme Garcia Pérez, ajoutant que les députés européens avaient le soutien de 100 des 164 membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Parlement.

À titre d’exemple, seule 6 % de la population africaine est entièrement vaccinée. « Nous devons placer les droits de l’homme à l’épicentre de notre réponse à la pandémie », a ajouté Mme Garcia Pérez.

Au Parlement, les membres du parti The Left demandent également la levée des brevets, accusant les Big Pharma d’ « être protégés » par la Commission européenne. « Ils empêchent les pays de faire face collectivement à la pandémie, avec les pays les plus pauvres en première ligne », a déclaré l’eurodéputée française Manon Aubry.

Nul doute qu’Omicron et Covax seront à l’ordre du jour du sommet de l’UECO qui débute ce jeudi (16 décembre) et se termine vendredi (17 décembre).