Accord politique de l’UE pour sanctionner le Hamas et les colons israéliens extrémistes
Après des semaines de désaccords, les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont enfin mis d’accord pour imposer des sanctions aux colons israéliens qui ont attaqué des Palestiniens en Cisjordanie et de renforcer les sanctions à l’encontre des membres du Hamas.
Après des semaines de désaccords, les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont enfin mis d’accord, sur le principe, pour imposer des sanctions aux colons israéliens qui ont attaqué des Palestiniens en Cisjordanie et renforcer les sanctions à l’encontre des membres du groupe islamiste palestinien Hamas.
C’est la première fois que les États membres de l’UE acceptent de sanctionner des colons israéliens. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont récemment pris des mesures similaires.
Alors que l’attention de la communauté internationale s’est concentrée sur l’incursion du Hamas du 7 octobre et sur la guerre menée par Israël en représailles dans la bande de Gaza, les représentants de l’UE ont également exprimé leur inquiétude croissante face à la hausse de la violence envers les Palestiniens en Cisjordanie.
Pour rappel, les colonies israéliennes en Cisjordanie sont illégales en vertu du droit international et sont considérées comme un obstacle majeur à la paix dans le cadre d’une solution à deux États.
« Un compromis solide a été trouvé au niveau opérationnel et j’espère que cette démarche se poursuivra jusqu’à l’adoption complète du texte, mais l’accord politique est là », a déclaré Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’UE, aux journalistes après la réunion.
Ces sanctions, discutées depuis des mois, avaient été initialement bloquées par un groupe d’États membres soutenant fermement Israël, parmi lesquels l’Allemagne, la République tchèque, l’Autriche et la Hongrie.
Budapest avait opposé la résistance la plus farouche aux sanctions contre les colons israéliens extrémistes, mais a récemment changé d’avis, selon des diplomates de l’UE.
Josep Borrell a indiqué que les États membres qui avaient précédemment bloqué la proposition ont décidé de s’abstenir et que la liste des personnes concernées par les sanctions sera soumise pour approbation finale.
Procéder par étapes
La décision de l’UE de sanctionner les colons israéliens extrémistes fait partie d’une chorégraphie diplomatique minutieuse visant à coïncider avec de nouvelles sanctions à l’encontre du Hamas, pour lequel l’Union a créé un nouveau régime de sanctions après l’attaque du 7 octobre et qu’il considère comme une organisation terroriste.
L’UE imposera des sanctions supplémentaires contre le Hamas avant de sanctionner les colons israéliens, ont fait savoir des diplomates.
Ces derniers ont précisé que cette chronologie était importante pour les États membres proches d’Israël qui voulaient éviter de donner l’impression qu’ils mettaient les deux parties sur un pied d’égalité.
Prochain débat
Les désaccords sur les sanctions proposées reflètent les divisions qui existent entre les États membres sur la guerre au Moyen-Orient, certains soutenant fermement Israël tandis que d’autres penchent davantage pour la Palestine.
S’adressant aux journalistes à Bruxelles, M. Borrell a également annoncé qu’il proposerait un « débat d’orientation politique » sur l’avenir de l’accord d’association UE-Israël, en vigueur depuis 2000.
Le mois dernier, l’Espagne et l’Irlande, deux des voix les plus critiques de l’Union européenne à l’égard du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, avaient appelé à un « réexamen urgent » de l’accord.
Cependant, plusieurs diplomates de l’UE ont déclaré qu’au moins six États membres — l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, la République tchèque, la Bulgarie et la Hongrie — ont pris position contre toute révision de cet accord lundi.
Josep Borrell a reconnu qu’un conseil d’association formel avec Israël serait « certainement compliqué », étant donné que la démarche ne bénéficie pas d’un « soutien solide ».
En revanche, il a déclaré qu’il inviterait le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, à la prochaine réunion à Bruxelles, une invitation qui devrait également être adressée au nouveau Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Mustafa.
[Édité par Anna Martino & Anne-Sophie Gayet]