Attentat de Bruxelles : le Premier ministre suédois souhaite le renforcement des frontières de l’UE

L’UE devrait renforcer les contrôles aux frontières et sa sécurité intérieure, a déclaré le Premier ministre suédois Ulf Kristersson en réponse à l’attaque terroriste de lundi à Bruxelles.

Euractiv.com
Swedish Prime Minister Ulf Kristersson speaks on Brussels attack
« Tout laisse penser qu’il s’agit d’une attaque terroriste contre la Suède et les citoyens suédois, pour la simple raison qu’ils sont suédois », a déclaré Ulf Kristersson lors d’une conférence de presse mardi. [EPA-EFE/Fredrik Sandberg SWEDEN OUT]

L’Union européenne devrait renforcer les contrôles aux frontières et sa sécurité intérieure, a déclaré le Premier ministre suédois Ulf Kristersson en réponse à l’attaque terroriste de lundi (17 octobre) à Bruxelles. Le tireur, se réclamant de l’État islamique, a abattu deux Suédois, vraisemblablement en représailles des Corans récemment brûlés en Suède.

Deux Suédois ont été abattus et un troisième a été blessé dans le centre de Bruxelles lundi soir par un homme d’origine tunisienne âgé de 45 ans. Abdesalem L. a revendiqué l’attentat dans une vidéo en ligne dans laquelle il dit également appartenir à l’État islamique.

Il a été neutralisé mardi matin par la police bruxelloise et est finalement décédé d’une balle au thorax des suites de l’intervention policière.

« Tout laisse penser qu’il s’agit d’une attaque terroriste contre la Suède et les citoyens suédois, pour la simple raison qu’ils sont suédois », a déclaré M. Kristersson lors d’une conférence de presse mardi.

« Ces terroristes veulent nous faire peur et nous contraindre à l’obéissance et au silence. Cela n’arrivera pas », a affirmé le Premier ministre, ajoutant que la Suède et l’Union européenne devaient mieux protéger leurs frontières et veiller à ce que les personnes dangereuses ne puissent pas séjourner illégalement dans la région.

« L’heure est au renforcement de la sécurité. Nous ne pouvons pas faire preuve de naïveté », a-t-il ajouté.

Déjà connu des autorités suédoises

Fredrik Hallström, chef des opérations du service de la sûreté de l’État suédois (Säkerhetspolisen), a déclaré que le tireur abattu par la police belge avait séjourné en Suède il y a une dizaine d’années.

« Ce que nous savons maintenant, c’est que cet individu a séjourné en Suède pendant une courte période il y a une dizaine d’années. La Säkerhetspolisen ne dispose d’aucune information sur ses activités ou ses actions. Nous pensons et estimons qu’il a pu voyager en Europe et dans le monde en utilisant de faux papiers », a-t-il déclaré à la télévision publique suédoise SVT mardi.

M. Hallström n’a pas précisé si l’auteur avait commis des infractions pendant son séjour en Suède. Toutefois, l’Office suédois des migrations a déclaré à Radio Ekot que l’homme avait déjà séjourné dans une prison suédoise et qu’il résidait illégalement en Suède.

Tensions croissantes suite aux Corans brûlés

Interrogé sur la possibilité que le terroriste ait agi en raison des récents autodafés de Corans en Suède et par les menaces proférées contre la Suède par des organisations terroristes, Adam Samara, attaché de presse de la Säkerhetspolisen, a déclaré : « Comme le service de sécurité suédois l’a déjà déclaré à plusieurs reprises, notamment en raison des évènements de l’année dernière, nous savons que des individus isolés peuvent être influencés par des évènements survenant dans le monde extérieur. »

Le mois dernier, à la suite de la mise à feu de plusieurs Corans en Suède cette année, le groupe Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) a appelé à des attaques de terroristes solitaires en Suède.

En vertu de la législation suédoise, la mise à feu d’un livre religieux est protégée par les lois sur la liberté d’expression et le gouvernement ne peut intervenir.

Cette année, plusieurs livres sacrés ont été brûlés et profanés par des militants d’extrême droite et des manifestants anti-islam de gauche.

En outre, l’ambassade de Suède à Bagdad a été prise d’assaut par des manifestants en colère cet été en raison d’un problème qui aurait été l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement turc a retardé la candidature de la Suède à l’OTAN.

Ces évènements en Suède ont suscité des réactions jusqu’à Jakarta, où le député indonésien Fail Zon, président de la commission de coopération interparlementaire de la Chambre des représentants, a déposé une plainte auprès du parlement suédois au sujet de la mise à feu du Coran.

Dans sa plainte, M. Zon a exhorté le parlement et le gouvernement suédois à prendre des mesures fermes contre ces actes, estimant qu’ils violaient la liberté religieuse des citoyens.

Au Danemark, où des Corans ont aussi été brûlés, le problème a été pris au sérieux par le gouvernement, qui cherche désormais à interdire de tels actes sur le territoire. 

« Les mises à feu sont des actes profondément offensants et imprudents commis par quelques individus. Ces quelques individus ne représentent pas les valeurs sur lesquelles la société danoise est bâtie », a déclaré en juillet le ministre danois des Affaires étrangères et ancien Premier ministre, Lars Rasmussen.

Niveau d’alerte inchangé

Malgré l’attaque terroriste de Bruxelles, le niveau de menace terroriste en Suède ne sera pas relevé, a indiqué le service de sécurité suédois.

En août, le service de sécurité suédois a décidé de relever le niveau de la menace terroriste en Suède, passant de 4 à 5, soit une menace élevée.

Le service de sécurité du pays avait déclaré que cette décision n’était pas due à un évènement en particulier, mais devait être considérée comme la conséquence d’une « détérioration progressive du paysage des menaces pesant sur la Suède », notamment à la suite des autodafés.

Cette décision a été motivée en prévision de « risques comme celui [de l’attentat de Bruxelles] », a déclaré M. Kristersson mardi.

« Nous savons maintenant avec une clarté effrayante que les inquiétudes décrites des services de sécurité et du gouvernement à l’époque étaient justifiées », a-t-il affirmé.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]