Audition sous haute tension pour le commissaire hongrois désigné à la Santé
Le commissaire désigné à la Santé et au Bien-être animal, Olivér Várhelyi, sera auditionné par le Parlement européen ce mercredi 6 novembre, mais la confirmation du candidat hongrois est loin d’être assurée, sa nomination ne faisant pas l’unanimité parmi les eurodéputés.
Le commissaire désigné à la Santé et au Bien-être animal, Olivér Várhelyi, sera auditionné par le Parlement européen mercredi 6 novembre à 18 h 30, mais la confirmation du candidat hongrois est loin d’être assurée, sa nomination ne faisant pas l’unanimité parmi les eurodéputés.
Lors de son audition, Olivér Várhelyi devra non seulement rassurer les eurodéputés sur ses compétences et son portefeuille, mais aussi sur ses liens avec le Premier ministre hongrois Viktor Orbán.
Interrogée par Euractiv en amont de l’audition de l’aspirant commissaire, l’eurodéputée française Majdouline Sbaï (Verts/ALE) se demande « comment préserver l’Europe de ses ennemis de l’intérieur », avertissant que « le Parlement européen fonctionne au consensus, mais pas avec ceux qui sont les ennemis du progrès ».
Les thématiques de santé qui seront abordées
Lors de l’audition, le Parti populaire européen (PPE) de centre-droit mettra l’accent sur le budget de la santé pour les cinq prochaines années, attendant du candidat hongrois qu’il avance des données précises. Les eurodéputés PPE seront rejoints par les Verts/ALE, qui chercheront eux aussi à obtenir des garanties sur cette question.
Le budget est devenu une question centrale compte tenu de la tendance aux coupes budgétaires. Pour 2025, par exemple, les eurodéputés se battent actuellement avec le Conseil pour obtenir 110 millions d’euros de plus pour le budget de la santé que les 580 millions d’euros proposés par la Commission européenne. À titre de comparaison, en 2024, le budget a été plafonné à 753 millions d’euros, et ce, uniquement pour le programme « L’UE pour la santé » (EU4Health).
Pour le groupe des Socialistes et Démocrates européens (S&D), la santé reproductive sera la priorité. « Nous rappellerons [à l’aspirant commissaire] le gouvernement dont il est issu et qui l’a nommé, et ce que cela signifie en termes de droit à l’avortement pour les femmes, de soutien aux personnes transgenres et à la communauté LGBT. En bref, ce que Viktor Orbán refuse à sa propre population et stigmatise », a indiqué l’eurodéputée Nora Mebarek, cheffe de la délégation française du groupe S&D, à Euractiv.
« Saura-t-il être le garant des droits des minorités ? », s’est-elle interrogée.
La question de l’accessibilité aux soins de santé, de la disponibilité des médicaments et des dispositifs médicaux sera probablement soulevée par Renew Europe. Le groupe appelle à une révision de la directive sur les soins de santé transfrontaliers afin de supprimer les obstacles juridiques et économiques pour les patients, en particulier concernant les maladies rares, et à une révision du règlement sur les essais cliniques.
Les eurodéputés centristes réclament également un calendrier précis pour les nouvelles propositions dans le domaine de la surveillance de la résistance aux antimicrobiens (RAM).
Du côté du bien-être animal, ils pousseront le futur commissaire européen à s’engager à proposer des initiatives législatives pour renforcer la législation en la matière au cours de la première moitié de son mandat.
Ils demanderont également, avec le soutien des Verts, un calendrier clair pour améliorer la procédure d’approbation des substances actives dans les produits phytopharmaceutiques, en suivant l’approche « Une seule santé » (One Health) — une approche qui appelle à la coopération de multiples secteurs du domaine de la santé en vue d’améliorer la santé publique.
Les Verts chercheront aussi à obtenir des engagements sur le tabac et sur les pesticides.
Controverses
Outre les questions relatives à son portefeuille et ses liens avec le gouvernement hongrois, Olivér Várhelyi — actuel commissaire à l’Élargissement et à la Politique européenne de voisinage — devra sans doute répondre à certaines des controverses qu’il a suscitées.
Certains eurodéputés, comme l’Allemand Peter Liese (PPE), attendent du Hongrois qu’il présente des excuses formelles après avoir qualifié des eurodéputés d’« idiots » à Strasbourg en février de l’année dernière.
À l’époque, le Hongrois avait simplement exprimé ses regrets, décrivant l’incident comme un « malentendu » et expliquant que ses propos avaient été « sortis de leur contexte ».
Au sein du Parlement européen, la candidature d’Olivér Várhelyi ne fait pas l’unanimité. Au moment de la rédaction de cet article, des discussions étaient toujours en cours entre les dirigeants des groupes PPE, S&D et Renew afin de déterminer laquelle des trois options — soutenir le candidat, le rejeter ou réduire son portefeuille — serait privilégiée.
Selon nos informations, le PPE serait enclin, malgré ses divisions internes, à soutenir sa candidature. Le groupe S&D préférerait quant à lui que le candidat soit rejeté, et Renew hésite encore entre le rejet ou la réduction de son portefeuille.
Dans ce dernier scénario, le candidat hongrois pourrait se voir confier les questions de bien-être animal et être déchargé de ses responsabilités en matière de santé.
Comme pour toutes les auditions, les eurodéputés évalueront la performance d’Olivér Várhelyi immédiatement après qu’elle ait eu lieu. Si une majorité des deux tiers n’est pas atteinte, il pourrait être soumis à une nouvelle audition, suivie d’un vote à la majorité.
Entre les deux auditions, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pourrait décider de redéfinir le portefeuille du candidat.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]