Avenir sombre pour l’économie allemande, selon un document de la Commission

La plus grande économie de l’UE se dirige vers un avenir sombre, les entreprises étant encore plus pessimistes qu’au plus fort de la pandémie, selon un document de l’UE ayant fait l’objet d’une fuite.

EURACTIV Allemagne
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Le document, qui émane de la Commission européenne, étudie l’impact de la crise énergétique actuelle sur l’Union européenne dans le futur, rapporte le journal BILD. [Shutterstock/Axel Bueckert]

La plus grande économie de l’UE se dirige vers un avenir sombre, les entreprises étant encore plus pessimistes qu’au plus fort de la pandémie, selon un document de l’UE ayant fait l’objet d’une fuite.

Le document, qui émane de la Commission européenne, étudie l’impact de la crise énergétique actuelle sur l’Union européenne dans le futur, rapporte le journal BILD.

En ce qui concerne l’Allemagne, le document indique que les industries à forte consommation d’énergie, y compris les secteurs très performants de l’automobile et de la chimie, seront fortement touchées par la hausse des prix de l’énergie.

Les leaders du marché tels que BASF, BMW et Volkswagen ont déjà annoncé des délocalisations et des investissements à l’étranger, précise Focus.

Le document de la Commission critique également les tentatives de l’Allemagne de mettre fin à sa dépendance au pétrole et au gaz russes, et de renforcer sa capacité à développer de nouvelles énergies, y compris les énergies renouvelables sur son propre territoire. Ces efforts comprennent la construction de nouveaux terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) et des investissements dans l’énergie éolienne et solaire.

Le document souligne plus particulièrement que les évolutions de prix ont un impact dévastateur sur les investissements de l’Allemagne dans la transition écologique et numérique, en dépit de l’engagement de son gouvernement à ce que 80 % du mix électrique du pays soit issu des énergies renouvelables d’ici à 2030.

« L’évolution des prix contraint environ 40 % des entreprises à reporter leurs investissements vers la transition écologique et numérique. Et près d’une entreprise sur quatre envisage [ou est déjà en train] de délocaliser des actions, de la production ou des emplois à l’étranger », ajoute le journal.

Outre les perturbations engendrées par la hausse des prix, le document de la Commission fait également état d’une concurrence accrue, notamment de la part de la Chine et des États-Unis.

Non seulement l’UE devrait être plus durement touchée que la Chine et les États-Unis suite à la décision de l’Union d’éliminer progressivement les exportations de gaz et de pétrole russes, indique le document, mais les récentes mesures prises par les deux pays pour subventionner massivement les énergies renouvelables devraient également avoir un impact.

L’inflation reduction act (IRA) américain, doté de 430 millions de dollars, ainsi que la politique industrielle chinoise d’investissement dans l’énergie solaire représentent un désavantage compétitif important pour l’UE, poursuit le document.

Bien que la Commission européenne ait récemment présenté son « Plan industriel du Pacte vert » visant à contrer l’IRA — lequel a été accueilli favorablement par la coalition allemande et l’industrie — les États restent divisés sur le soi-disant « Fonds de souveraineté européen ».

Bien que la mesure ait pour objectif de stimuler la compétitivité de l’industrie nationale à moyen terme, les États membres de l’UE ne sont pas d’accord sur la nécessité de faire usage d’une plus grande partie de la dette commune de l’UE.

La France et l’Italie, contrairement à l’Allemagne, souhaitent puiser davantage dans les caisses de l’UE.

Afin de renforcer les capacités de production de l’UE en matière d’énergies renouvelables, la Commission devrait présenter son « règlement sur l’industrie à zéro émission nette » dès la semaine prochaine.