Avoirs russes : Bruxelles « viole systématiquement le droit européen », selon Orbán

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a vivement dénoncé la décision de l’UE de geler définitivement 210 milliards d’euros d’actifs souverains russes, arguant que cela était « clairement illégal » et causera « des dommages irréparables » à l’Union.

EURACTIV.com
European Council Summit In Brussels
Prime Minister of Hungary Victor Orban does a doorstep press briefing after the end of the European Council Summit, the EU leaders meeting at the EU headquarters. The Hungarian PM answers questions from journalists of international media and press. Among the discussed topics of the summit were European defense, support to Ukraine, the Middle East, migration, housing and competitiveness. Brussels, Belgium on October 23, 2025 (Photo by Nicolas Economou/NurPhoto via Getty Images) [Getty Images/Nicolas Economou_NurPhoto]

Dans des commentaires publiés vendredi 12 décembre sur les réseaux sociaux, le Premier ministre pro-Moscou a déclaré que cette mesure, qui sera officiellement approuvée par les ambassadeurs de l’UE dans le courant de la journée, montre également que « la Commission européenne viole systématiquement le droit européen » au lieu de veiller au respect des traités de l’Union.

« Aujourd’hui, les Bruxellois franchissent le Rubicon », a écrit Viktor Orbán. « Avec la décision d’aujourd’hui, l’État de droit dans l’Union européenne prend fin, et les dirigeants européens se placent au-dessus des règles. »

Le recours à l’article 122, proposé par l’exécutif européen la semaine dernière et approuvé de manière informelle par les capitales européennes hier, permet à une « majorité qualifiée » d’États membres — 15 pays représentant 65 % de la population du bloc — de geler définitivement les avoirs de Moscou. Actuellement, les sanctions sur les avoirs russes gelés doivent être renouvelées à l’unanimité par les 27 États membres tous les six mois.

Cette mesure supprime un moyen de pression crucial sur Bruxelles pour Viktor Orbán, qui a cherché à plusieurs reprises à obtenir des concessions des dirigeants de l’UE en menaçant de ne pas prolonger les sanctions — même s’il a toujours fini par céder.

Cette décision supprime également un obstacle majeur à l’octroi du « prêt de réparation » envisagé par l’UE pour l’Ukraine. La Belgique, qui détient la plupart des actifs qui seraient utilisés pour le prêt, craint de devoir rembourser des centaines de milliards d’euros à Moscou si les sanctions contre le Kremlin étaient soudainement levées.

La Belgique et la Hongrie s’opposent toutes deux à ce projet de prêt, qui sera discuté par les dirigeants de l’UE lors d’un sommet décisif à Bruxelles la semaine prochaine.

Le Premier ministre belge Bart De Wever a également exprimé des réserves juridiques quant à l’utilisation de l’article 122. Toutefois, la Belgique devrait s’abstenir lors du vote officiel d’aujourd’hui, tandis que la Hongrie et la Slovaquie voteront contre, selon deux diplomates européens.