Avoirs russes : Bruxelles « viole systématiquement le droit européen », selon Orbán
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a vivement dénoncé la décision de l’UE de geler définitivement 210 milliards d’euros d’actifs souverains russes, arguant que cela était « clairement illégal » et causera « des dommages irréparables » à l’Union.
Dans des commentaires publiés vendredi 12 décembre sur les réseaux sociaux, le Premier ministre pro-Moscou a déclaré que cette mesure, qui sera officiellement approuvée par les ambassadeurs de l’UE dans le courant de la journée, montre également que « la Commission européenne viole systématiquement le droit européen » au lieu de veiller au respect des traités de l’Union.
« Aujourd’hui, les Bruxellois franchissent le Rubicon », a écrit Viktor Orbán. « Avec la décision d’aujourd’hui, l’État de droit dans l’Union européenne prend fin, et les dirigeants européens se placent au-dessus des règles. »
Le recours à l’article 122, proposé par l’exécutif européen la semaine dernière et approuvé de manière informelle par les capitales européennes hier, permet à une « majorité qualifiée » d’États membres — 15 pays représentant 65 % de la population du bloc — de geler définitivement les avoirs de Moscou. Actuellement, les sanctions sur les avoirs russes gelés doivent être renouvelées à l’unanimité par les 27 États membres tous les six mois.
Cette mesure supprime un moyen de pression crucial sur Bruxelles pour Viktor Orbán, qui a cherché à plusieurs reprises à obtenir des concessions des dirigeants de l’UE en menaçant de ne pas prolonger les sanctions — même s’il a toujours fini par céder.
Cette décision supprime également un obstacle majeur à l’octroi du « prêt de réparation » envisagé par l’UE pour l’Ukraine. La Belgique, qui détient la plupart des actifs qui seraient utilisés pour le prêt, craint de devoir rembourser des centaines de milliards d’euros à Moscou si les sanctions contre le Kremlin étaient soudainement levées.
La Belgique et la Hongrie s’opposent toutes deux à ce projet de prêt, qui sera discuté par les dirigeants de l’UE lors d’un sommet décisif à Bruxelles la semaine prochaine.
Le Premier ministre belge Bart De Wever a également exprimé des réserves juridiques quant à l’utilisation de l’article 122. Toutefois, la Belgique devrait s’abstenir lors du vote officiel d’aujourd’hui, tandis que la Hongrie et la Slovaquie voteront contre, selon deux diplomates européens.