Benyamin Nétanyahou accuse la France d’« alimenter le feu de l’antisémitisme », l'Élysée répond
La France et Israël sont à couteaux tirés alors que Paris envisage la reconnaissance d'un État palestinien au mois de septembre lors de l'Assemblée générale des Nations Unies.
Les tensions diplomatiques montent d’un cran entre la France et Israël. Mardi 19 août, l’Élysée a condamné les propos de Benyamin Nétanyahou accusant Emmanuel Macron « d’alimenter le feu antisémite » en France suite à sa décision de reconnaître un État palestinien.
Dans une lettre divulguée à la presse, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou avait averti le président de la République que la position de Paris risquait d’encourager les attaques contre les Juifs, d’après lui en forte augmentation en France.
« Votre appel à la création d’un État palestinien jette de l’huile sur le feu de l’antisémitisme », a écrit Benyamin Nétanyahou dans sa missive, ajoutant que ce choix récompensait le terrorisme du Hamas.
En réponse, l’Élysée a qualifié cette affirmation d’« erronée, abjecte et inacceptable » dans un communiqué publié mardi, soulignant que les violences contre les communautés juives « ne resteront pas sans réponse », mais insistant sur le fait que celles-ci ne peuvent être liées à la position diplomatique de la France.
« La période exige du sérieux et de la responsabilité, pas des amalgames et des manipulations », a fait savoir l’Élysée, non sans fermeté. Emmanuel Macron répondra officiellement à Benyamin Nétanyahou par écrit, a ajouté la présidence.
La France a indiqué qu’elle pourrait se joindre à d’autres puissances mondiales pour soutenir la reconnaissance d’un État palestinien aux Nations unies en septembre — une démarche à laquelle Israël s’oppose.
Ce feuilleton diplomatique s’annonce comme l’un des plus mouvementés depuis les attaques du Hamas en octobre 2023 et la guerre menée par Israël à Gaza, qui a mis à rude épreuve l’unité de l’Occident au sujet de la politique du Moyen-Orient.
En amont de l’Assemblée générale des Nations Unies prévue en septembre, Benyamin Nétanyahou a également adressé un courrier au Premier ministre australien lundi 18 août. Canberra a en effet annoncé la semaine dernière son intention de rejoindre le Royaume-Uni, la France et le Canada dans la reconnaissance d’un État palestinien.
(sn)