Blair prend les commandes de l'UE [FR]
Les débuts de la présidence britannique interviennent alors que l'UE traverse toujours une zone de fortes turbulences. Tony Blair, qui devra gérer un certain nombre de dossiers particulièrement délicats, aura bien du mal à endosser les habits de conciliateur.
Les débuts de la présidence britannique interviennent alors que l’UE traverse toujours une zone de fortes turbulences. Tony Blair, qui devra gérer un certain nombre de dossiers particulièrement délicats, aura bien du mal à endosser les habits de conciliateur.
La présidence britannique s’est fixée une longue liste de priorités. Certaines sont loin de faire l’unanimité auprès de plusieurs Etats membres, et Tony Blair devra mettre tout son poids dans la balance pour obtenir une avancée sur les points suivants :
- Budget : les perspectives financières 2007-2013 s’annoncent comme étant le dossier le plus délicat pour la présidence britannique. Même si Londres peut compter sur le soutien de plusieurs pays scandinaves et de certains nouveaux Etats membres (favorables, comme les Britanniques, à une refonte du budget de l’Union au profit notamment des dépenses de recherche et d’innovation), le gouvernement Blair pourrait de nouveau entrer en collision frontale avec la France, qui s’oppose fermement à toute renégociation de l’accord de 2002 sur la PAC et ne veut pas entendre parler d’une réduction des dépenses agricoles avant 2013.
- le thème de la « meilleure réglementation » figure parmi les priorités de l’UE, et le Royaume-Uni se dit résolu à obtenir des avancées sur ce front – notamment en proposant des initiatives destinées à réduire les lourdeurs administratives pesant sur la compétitivité des entreprises européennes ;
- concernant la directive sur le temps de travail, Londres entend préserver sa clause d' »opt-out », qui permet aux travailleurs britanniques de travailler au-delà du seuil des 48 heures hebdomadaires. De nombreux Etats membres (ainsi qu’une majorité de députés européens) veulent voir disparaître cette clause, ce qui laisse présager des affrontements au cours des prochains mois ;
- la présidence britannique pèsera de tout son poids pour obtenir que le projet de directive sur les services ne soit pas vidé de son contenu. Sur ce dossier également, Londres devrait s’opposer à Paris et Berlin, qui estiment que le texte ouvre la porte à des pratiques de « dumping social »;
- le gouvernement britannique est un fervent partisan de l’élargissement de l’UE à de nouveaux pays, notamment la Turquie. Il devra composer avec les réticences de plus en plus fortes exprimées par certains Etats membres après l’échec des référendums français et néerlandais.