Bruno Le Maire s’engage à lutter contre les farines animales

Alors que le Conseil national de l’alimentation envisage un retour des farines animales dans la nourriture des bêtes, Bruno Le Maire cherche à rassurer l’opinion.

EURACTIV.fr

Alors que le Conseil national de l’alimentation envisage un retour des farines animales dans la nourriture des bêtes, Bruno Le Maire cherche à rassurer l’opinion.

Vent de panique au ministère de l’Agriculture. Alors que les conclusions du rapport d’étape du Conseil national de l’énergie du 31 mai ont fuité dans la presse, Bruno Le Maire rappelle son opposition ferme à la réintroduction des farines animales.

« En politique, j’essaie toujours de hiérarchiser les priorités. La priorité absolue, c’est la sécurité sanitaire des Français », a-t-il affirmé au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, dimanche 12 juin.

« Tant que je serai ministre de l’Agriculture, les farines animales ne seront pas réintroduites en France. J’en prends l’engagement. ».

Traumatisme

Le traumatisme remonte à une quinzaine d’années. Les farines animales étaient alors désignées comme responsables de la « crise de la vache folle », ou encéphalite spongiforme bovine.

Cette infection dégénérative du système nerveux des bovins, transmissible à l’homme par la consommation de viande de bœuf, a fait 204 morts en Europe, dont 23 français.

Les farines issues de l’incinération de cadavres d’animaux, riches en protéines, ont ensuite été interdites dans l’alimentation animale par Bruxelles.

Réintroduction partielle

Mais, alors qu’une nouvelle crise sanitaire et économique frappe l’Europe, un rapport d’étape du Conseil national de l’alimentation, organe consultatif du ministère de l’Agriculture, a fuité dans la presse.

Il estime que les conditions sanitaires ayant conduit à l’interdiction des protéines animales transformées dans l’alimentation des animaux destinée à la consommation humaine ne sont plus d’actualité.

Dans un premier temps, le rapport envisage une autorisation de ces farines au secteur de l’aquaculture, puis éventuellement dans l’alimentation des porcs et des volailles.

Néanmoins, son avis définitif ne sera pas rendu avant la fin de l’année, tout comme celui de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, qui a été chargée d’évaluer les aspects sanitaires d’une réintroduction de ces farines.

Encore l’Europe

« La France a engagé ses propres recherches », a défendu Bruno Le Maire dans un communiqué de presse, rappelant qu’il s’agissait avant tout d’une initiative de Bruxelles.

En effet, la Commission européenne a engagé une réflexion sur les assouplissements qui pourraient être apportés aux mesures de bannissement des farines animales, à travers une stratégie sur les encéphalopathies spongiformes transmissibles, publiée le 16 juillet 2010.

Par ailleurs, l’Autorité européenne de sûreté des aliments (AESA) a rendu un avis dans lequel elle qualifie de « négligeables » les risques liés à la présence résiduelle de protéines animales transformées dans l’alimentation des animaux.