Bruxelles se penche sur le futur des drones européens

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense réunis à Bruxelles discutent de la question des drones dans le cadre d’opérations militaires et civiles, de la prévention des catastrophes à la traite d’êtres humains aux frontières de l’UE.

EURACTIV.fr
Rados?aw Sikorski (centre) à côté de Catherine Ashton (G) et Carl Bildt (D)
Rados?aw Sikorski (centre) à côté de Catherine Ashton (G) et Carl Bildt (D)

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense réunis à Bruxelles discutent de la question des drones dans le cadre d’opérations militaires et civiles, de la prévention des catastrophes à la traite d’êtres humains aux frontières de l’UE.

Les drones sont au coeur du Conseil Affaires étrangères qui se tient à Bruxelles. Le Conseil devrait rendre des conclusions inhabituellement longues mais comprenant des avancées dans plusieurs domaines, selon un diplomate.

Le texte soulignera l’importance des progrès dans le développement de capacités européennes communes en matière de drones et de ravitaillement en vol, un élément indispensable pour les forces aériennes lors d’opérations éloignées.

Plusieurs idées seront abordées, dont la mise en place d’une recherche spécifique dans le domaine de la défense. Une ligne budgétaire particulière dans le Programme-cadre de recherche et de développement Horizon 2020 sera également prévue pour la recherche.

Les ministres veulent avant tout garantir que les drones bénéficient de fonds de recherche de l’UE en tant que capacités à double usage. Les drones peuvent en effet être utilisés à des fins civiles et militaires.

La Commission et certains États membres veulent faire pression en faveur d’une ligne budgétaire plus précise pour la recherche militaire, qui comprendrait les drones. Une option qui suscite toutefois la controverse.

Le comité de direction de l’Agence européenne de défense (AED), composé des ministres européens de la Défense, se réunira le 19 novembre. Les ministres y aborderont les lacunes dans le développement des drones à l’échelle européenne. L’objectif sera « de jeter les bases d’une solution européenne au cours de la période 2020-2025 », selon un document préparatoire de la réunion.

Toute avancée pourrait annoncer des progrès majeurs lors du sommet européen en décembre consacré en partie à la défense.

L’industrie européenne soutient ouvertement un programme commun de drones et accueillerait volontiers ce genre d’avancées.

Dassault Aviation (France), EADS (Pays-Bas) et Finmeccanica (Italie) ont indiqué en juin qu'un programme commun « soutiendrait les besoins en capacité des forces armées européennes tout en optimisant la situation budgétaire difficile grâce à la mise en commun de financements dans la recherche et le développement ».

Les trois entreprises sont disposées à collaborer à la création d'un drone MALE (moyenne altitude longue endurance) qui permettrait de surveiller de vastes étendues pendant 24 heures..

L’opportunité méditerranéenne

Les débats sur le lancement d’un programme commun ne datent pas d’hier. Mais la perspective de discussions de haut niveau et un nouvel élan pour améliorer les contrôles aux frontières accentuent le potentiel d’action.

La ministre italienne des Affaires étrangères, Emma Bonino, informera les ministres sur une proposition de lancement d’une mission militaire dans la mer Méditerranée afin de lutter contre la traite des êtres humains. Cette décision fait suite à la récente tragédie au cours de laquelle des milliers de migrants se sont noyés au large des côtes de Lampedusa, en tentant de rejoindre l’Italie.

Les services de la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, ont dressé une liste d’options éventuelles, dont une opération militaire à part entière.

Une autre solution serait le renforcement des activités de Frontex, l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne. Un groupe de travail spécifique mis sur pied après la tragédie de Lampedusa révise déjà le rôle de l’agence.

Les drones pourraient s’avérer une solution pertinente, car ils amélioreraient grandement la capacité de patrouille des frontières et permettraient de prévenir la traite des êtres humains.