En mer Baltique, les câbles et les navires russes sont surveillés par l'intelligence artificielle

Les pays d’Europe du Nord ont annoncé renforcer leur surveillance des infrastructures sous-marines de la Baltique et de la « flotte fantôme » russe, des anciens pétroliers utilisés par Moscou pour exporter des hydrocarbures en dépit des sanctions européennes.

EURACTIV.com
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« Empêcher les navires de la flotte fantôme d'entrer dans les eaux territoriales ou les zones économiques exclusives pose des défis considérables », a écrit Mairead McGuinness, l'actuelle commissaire chargée des services financiers et de la stabilité. [Bruce Raynor/shutterstock.com]

Les pays d’Europe du Nord ont annoncé renforcer leur surveillance des infrastructures sous-marines de la Baltique et de la « flotte fantôme » russe, des anciens pétroliers utilisés par Moscou pour exporter des hydrocarbures en dépit des sanctions européennes.

Selon un communiqué publié le 6 janvier par le ministère de la Défense du Royaume-Uni, la Force expéditionnaire conjointe britannique (JEF) — une communauté militaire dirigée par Londres qui comprend les pays nordiques, les pays baltes et les Pays-Bas — a mis en place un nouvel outil de surveillance maritime assisté par l’intelligence artificielle (IA).

Cette annonce intervient après les dommages constatés sur le câble électrique sous-marin Estlink 2, dont la Russie est supposée responsable.

Le 30 décembre, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) avait déjà spécifié un renforcement de sa présence militaire dans la Baltique.

La coupure de câbles sous-marins est devenue un acte de sabotage de plus en plus courant. L’infrastructure sous-marine est, par nature, difficile à surveiller et vitale pour le fonctionnement des pays européens.

Au lendemain d’une panne d’électricité, les autorités finlandaises avaient saisi un navire transportant du pétrole russe, considéré comme étant à l’origine de la crise et soupçonné de faire partie de la « flotte fantôme » du Kremlin.

Après l’incident, la JEF avait déclaré qu’« il s’agit d’un nouvel exemple d’incidents maritimes ayant des implications économiques et sécuritaires directes pour la Finlande et l’Estonie, soulignant les risques pour les réseaux vitaux de communication et d’énergie essentiels à la sécurité et à la prospérité de toutes nos nations ».

Selon la déclaration britannique, le nouvel outil d’IA, testé pour la première fois en mars 2024, « évaluera les données provenant d’une série de sources […] pour calculer le risque posé par chaque navire », et ce dans la zone surveillée. Lorsqu’une menace présumée sera détectée, l’information sera partagée avec les membres de la JEF et de l’OTAN.

Au delà de fournir une protection aux câbles sous-marins, ce nouvel outil est une réponse au contournement des sanctions européennes par la Russie. Il devrait permettre de suivre et d’identifier les navires russes.

Selon le Parlement européen, alors que de nombreuses techniques existent pour endommager des câbles sous-marins, certaines nécessitent un navire capable de naviguer en eaux libres, et les navires marchands peuvent se révéler plus discrets que des bâtiments militaires.

La décision de la JEF marque également une nouvelle étape dans l’utilisation opérationnelle de l’IA dans un contexte militaire, où elle s’est avérée particulièrement utile pour traiter de larges quantités de données dépassant les capacités d’analyses humaines.

Toutefois, comme le Royaume-Uni n’a pas précisé le type de données qui seront collectées, les implications de l’outil en termes d’efficacité et de confidentialité des données ne sont pas encore claires.