Carles Puigdemont retournera en Espagne après les élections catalanes et n’exclut pas une alliance séparatiste

Le chef du parti séparatiste de droite Ensemble pour la Catalogne, Carles Puigdemont, a confirmé qu’il retournerait en Catalogne après les élections régionales du 12 mai. Il a également déclaré ne pas exclure une alliance de forces séparatistes opposées sur le plan idéologique.

EFE avec EURACTIV.com
Former Catalan minister Clara Ponsati at Edinburgh Sheriff Court
epa06634676 A woman holds a poster showing former Catalan leader Carles Puigdemont as a crowd outside Edinburgh Sheriff Court gathers in support of Clara Ponsati, a former Catalan minister, who was granted bail, following her appearence at the Edinburgh court, in Edinburgh, Scotland, 28 March 2018. Clara Ponsati appeared from custody at an initial extradition hearing. Earlier in the day Clara Ponsati voluntary attended the Police Scotland office in answer to an European arrest warrant. Reports state that Clara Ponsati, in Spain, faces charges of violent rebellion and misappropriation of public funds which relates to the organising of the Catalonian referendum, which she utterly refutes and she will fight against the Spanish attempt to extradite her. [EPA-EFE/ROBERT PERRY]

L’ancien président catalan et chef du parti séparatiste de droite Ensemble pour la Catalogne (Junts per Catalunya, JxCat), Carles Puigdemont, a confirmé mardi (7 mai) qu’il retournerait en Catalogne après les élections régionales du 12 mai, et ce même si la police l’arrête. Il a également déclaré ne pas exclure une éventuelle alliance de forces séparatistes opposées sur le plan idéologique.

Carles Puigdemont, qui s’est auto-exilé à Waterloo, en Belgique, depuis la tentative de sécession de la Catalogne en 2017 et vit désormais en France, pense que la police pourrait l’arrêter à son entrée en Espagne, mais qu’il s’agirait d’une « détention de courte durée ».

« Le contexte [d’un retour] est différent, avec l’approbation de la loi d’amnistie, le risque d’arrestation n’est pas nul, mais il diminue beaucoup », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée par EFE dans la ville française d’Argelès-sur-Mer.

Il a également commenté la loi d’amnistie récemment approuvée par Madrid, que le principal parti d’opposition espagnol, le Parti populaire (Partido Popular, PP), et le parti d’extrême droite Vox, troisième force au parlement, jugent anticonstitutionnelle.

JxCat et son rival de gauche, la Gauche républicaine de Catalogne (Esquerra Republicana de Catalunya, ERC), apportent un soutien parlementaire crucial à la stabilité du gouvernement de coalition du Premier ministre Pedro Sánchez, composé de son Parti socialiste-ouvrier (PSOE), et de la plateforme de gauche Sumar, dirigée par la ministre du Travail et vice-Première ministre, Yolanda Díaz.

En échange de ce soutien, qui inclut l’approbation des budgets nationaux jusqu’à la fin du mandat actuel de M. Sánchez en 2027, JxCat et l’ERC ont tous deux exigé que l’exécutif approuve une loi d’amnistie pour accorder la grâce aux responsables d’actes séparatistes illégaux en Catalogne entre 2012 et 2023, y compris la tentative d’indépendance de 2017. Les partis catalans ont également obtenu de généreuses concessions sur des questions politiques et économiques, notamment l’annulation de 15 milliards d’euros de la dette de la Catalogne envers l’État central.

La loi d’amnistie — qui est censée garantir que M. Puigdemont et d’autres dirigeants séparatistes catalans en exil puissent revenir en Espagne sans craindre d’être arrêtés — est actuellement examinée au parlement espagnol. Le texte pourrait être approuvée juste avant ou après les élections européennes qui se tiendront le 9 juin en Espagne.

Cette législation créera un « contexte différent » et ouvrira la porte à un retour en Espagne avec toutes les garanties nécessaires, a affirmé mardi l’ancien président catalan.

Une grande coalition indépendantiste ?

Carles Puigdemont, qui se présente aux élections régionales sous la bannière de la plateforme multiforme Junts + Puigdemont per Catalunya, a laissé entendre il y a quelques semaines qu’il quitterait la vie politique s’il ne remportait pas le scrutin.

Toutefois, selon un sondage publié lundi (6 mai), le vainqueur de ces élections devrait être le candidat du Parti socialiste catalan (PSC) et ancien ministre de la Santé Salvador Illa. La deuxième place serait disputée entre JxCat et l’ERC, bien que le parti de M. Puigdemont ait un avantage sur son rival séparatiste de gauche, d’après le sondage.

Malgré ces perspectives électorales réjouissantes pour le parti socialiste, il n’est pas certain que M. Illa soit en mesure de diriger l’exécutif régional de Catalogne.

Les analystes prévoient un scénario post-électoral très complexe, mettant même en garde contre la possibilité de devoir tenir de nouvelles élections si le PSC ne parvient pas à former des alliances et si ni JxCat ni l’ERC ne parviennent à surmonter leurs fortes différences idéologiques pour former un gouvernement « 100 % séparatiste » — bien que les deux partis soient idéologiquement opposés.

Selon plusieurs analystes, une éventuelle alliance entre le PSC et l’ERC serait l’alliance qui aurait le plus de chances de réussite parmi toutes les possibilités, étant donné leurs similarités idéologiques, bien que le PSC ne soit pas à proprement parler un parti « séparatiste ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]