Céréales ukrainiennes : la Commission européenne toujours indécise, mais le temps presse

Les hauts responsables de la Commission européenne ne sont pas parvenus à un accord sur la question délicate des exportations de céréales ukrainiennes lors de leur réunion de mercredi, alors qu’il ne reste qu’une semaine avant l’expiration des restrictions actuellement imposées.

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European Commission presents study on impact of trade agreements on agri-food sectors
Le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis (à gauche), et le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski (à droite). [EPA-EFE/Francisco Seco]

Les hauts responsables de la Commission européenne ne sont pas parvenus à un accord sur la question délicate des exportations de céréales ukrainiennes lors de leur réunion de mercredi (6 septembre), alors qu’il ne reste qu’une semaine avant l’expiration des restrictions actuellement imposées.

Les restrictions de l’UE pour l’importation de certains produits agricoles ukrainiens — blé, maïs, colza et graines de tournesol — sont en place jusqu’au 15 septembre, mais même si cette date approche à grands pas, on ne sait toujours pas si et dans quelle mesure les restrictions seront prolongées.

Lors d’une réunion mercredi (6 septembre), le collège des commissaires a discuté de la question des couloirs de solidarité de l’UE, une initiative lancée par la Commission en mai 2022 et établissant des itinéraires logistiques alternatifs pour les exportations de l’Ukraine. La question des restrictions commerciales sur les exportations ukrainiennes a également été un point central de la réunion.

Le cabinet de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen n’a pas pris de décision sur ces restrictions, a toutefois confirmé le vice-président Valdis Dombrovskis lors d’une conférence de presse après la réunion.

« Un travail important nous attend dans les jours et les semaines à venir », a-t-il ajouté.

Selon M. Dombrovskis, le travail sur cette question va maintenant se poursuivre par le biais de la Plateforme de coordination conjointe (Joint Coordination Platform), un organe lancé en juin pour coordonner les efforts de la Commission, de Kiev et des États voisins de l’Ukraine souffrant de l’afflux de marchandises ukrainiennes (Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie et Slovaquie) pour améliorer les flux commerciaux.

La proposition du commissaire à l’Agriculture suscite des réticences

Le manque de résultats lors de la réunion de mercredi signifie également que le commissaire européen à l’agriculture Janusz Wojciechowski, qui a plaidé en faveur de la prolongation des restrictions à l’importation, n’a pas encore convaincu ses collègues.

« Interdire les importations frontalières et autoriser uniquement le transit s’est avéré bénéfique non seulement pour les agriculteurs des cinq pays frontaliers, mais aussi pour l’Ukraine elle-même, qui, en utilisant uniquement le transit, a augmenté ses exportations de céréales », a déclaré M. Wojciechowski sur X (ex-Twitter), jeudi (7 septembre), ajoutant que c’est ce qu’il avait « présenté » à la Commission.

Lors d’une audition devant la commission de l’Agriculture (AGRI) du Parlement européen la semaine dernière, M. Wojciechowski a d’abord présenté son « initiative personnelle » en termes d’exportations de céréales. Cette proposition comprenait une prolongation des restrictions actuelles, ainsi qu’un soutien financier pour le transport des produits ukrainiens vers d’autres parties du monde.

Peu après, cependant, un porte-parole de la Commission a souligné que cette avancée n’était pas basée « sur une quelconque contribution officielle de la Commission ».

L’exercice d’équilibrisme de la Commission

La tentative de M. Wojciechowski d’étendre les restrictions commerciales est conforme à la position de son pays d’origine, la Pologne, qui, avec d’autres pays de la ligne de front, a demandé la prolongation des restrictions à l’importation et a menacé de prendre des mesures unilatérales dans le cas contraire.

Ces interdictions d’importation unilatérales de la part de plusieurs pays avaient déjà incité l’UE à introduire les restrictions d’importation actuelles, qui prévoient que les marchandises en question peuvent transiter par les pays de la ligne de front, mais ne doivent pas y circuler.

Les pays de l’UE limitrophes de l’Ukraine affirment que l’afflux de céréales bon marché a pour effet d’évincer leurs agriculteurs du marché. De leur côté, les exportations agricoles constituent la principale source de revenus de l’Ukraine, déchirée par la guerre, et sont essentielles au financement de sa défense contre l’invasion russe.

Les deux parties, a souligné M. Dombrovskis, « seront prises en compte dans la décision de la Commission ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]