Cloud, IA : l’UE doit renforcer sa souveraineté, selon la ministre danoise du Numérique
Les infrastructures européennes de cloud et d’intelligence artificielle doivent devenir véritablement souveraines, a expliqué la ministre danoise du Numérique, Caroline Stage Olsen, à Euractiv.
« La manière dont nous gérons, traitons et utilisons nos propres données revêt une importance capitale », a confié Caroline Stage Olsen à Euractiv le 10 octobre, à l’occasion du Conseil informel des télécommunications qui s’est tenu au Danemark. Elle a ajouté qu’il était « nécessaire » d’étudier des solutions européennes souveraines pour les infrastructures IA et cloud.
Sous présidence danoise (juillet-décembre 2025), le Conseil de l’UE prépare des conclusions sur les priorités pour la décennie numérique, et la souveraineté numérique a été considérée comme une priorité. Mais le Conseil plaide en faveur d’une « approche équilibrée », selon le dernier projet de texte vu par Euractiv. Il préconise la mise en place de solutions souveraines « de manière ouverte », soulignant qu’il existe actuellement des divergences entre les États membres de l’UE sur ce sujet.
« Je pense qu’il est très important de ne pas prendre de décisions qui isoleraient l’Europe dans son ensemble en matière d’économie numérique », a fait valoir la ministre danoise. Mais elle a également suggéré que certains « secteurs stratégiques » nécessitent une souveraineté.
« Il serait ignorant de ne pas se pencher sur les domaines numériques », a déclaré la ministre. « La seule chose que je dis, c’est qu’il ne faut pas que cela concerne tous les domaines. »
La France reste un fervent défenseur d’une forme inconditionnelle de souveraineté numérique. D’autre part, les Pays-Bas mènent une campagne visant à atténuer certaines exigences en matière de souveraineté numérique dans les conclusions pertinentes du Conseil, car ils se concentrent sur la priorité accordée à la concurrence loyale.
« Je suis la présidence, je n’ai donc pas d’opinions, bien sûr », a ajouté Caroline Stage Olsen, en réponse à la tension entre les capitales de l’UE sur le degré de souveraineté souhaitable. « Je pense que nous devrions trouver un juste milieu », a-t-elle noté. « Je suis tout à fait d’accord avec la France… sur la nécessité d’investissements [dans le numérique]. »
Le projet de texte des conclusions du Conseil mentionne également l’utilisation « stratégique » des mesures de l’UE pour les investissements numériques dans l’UE.
Mais la ministre danoise a également souligné que la souveraineté ne peut être l’objectif de chaque secteur numérique, car ce n’est « tout simplement […] pas la manière européenne de faire des affaires ».
« Nous sommes des mondialisateurs, nous commerçons avec le monde entier, et cela nous a enrichis », a-t-elle affirmé.
(asg)