Collecte des données agricoles : la Cour des comptes de l'UE exhorte la Commission à passer à l'ère numérique
La Commission européenne continue de traiter manuellement les données agricoles relatives à la PAC sur des feuilles de calcul Excel, selon un nouveau rapport de la Cour des comptes de l’UE, qui appelle l’exécutif européen à passer à l’ère numérique.
La Commission européenne continue de traiter manuellement les données agricoles relatives à la politique agricole commune (PAC) sur des feuilles de calcul Excel, selon un nouveau rapport de la Cour des comptes de l’UE, qui appelle l’exécutif européen à passer à l’ère numérique.
Le rapport, publié par les auditeurs mardi (28 juin), cherche à savoir si la Commission fait bon usage des données et des outils analytiques dans le cadre de l’analyse politique, et de la conception qui s’ensuit, des subventions agricoles de l’UE.
Les auditeurs estiment que le système actuel de traitement et d’analyse des données n’est pas adapté à l’époque.
« [Le service agricole de la Commission] utilise encore des outils conventionnels tels que des tableurs pour analyser manuellement les données qu’il collecte auprès des pays de l’UE et n’utilise pas les techniques de big data pour l’exploration de textes et l’extraction automatisée », peut-on lire dans une déclaration des auditeurs.
La Commission ne dispose pas non plus d’outils de traitement automatisé ou semi-automatisé pour analyser ces données, ajoute-t-elle.
Ainsi, bien qu’elle détienne d’importants volumes de données pertinentes pour la conception, le suivi et l’évaluation du programme de subventions agricoles de 387 milliards d’euros, les outils et les données actuels de la Commission « ne permettent pas d’obtenir certaines informations essentielles nécessaires à l’élaboration de politiques bien informées », selon Joëlle Elvinger, la membre de la Cour des comptes responsable du rapport.
Cela signifie que la Commission ne dispose pas de suffisamment d’éléments pour évaluer de manière exhaustive les besoins et l’impact de la PAC, ni pour utiliser l’analyse prédictive afin de planifier ou de concevoir efficacement les politiques futures.
Il est temps de miser sur le big data
Les auditeurs ont donc appelé la Commission à « miser sur le big data », affirmant que cela est nécessaire pour tirer parti du potentiel des données actuellement collectées, ainsi que pour ouvrir la voie à une analyse efficace des données futures.
« Il ne suffit pas en 2022 d’exceller uniquement dans Excel », ont déclaré les auditeurs lors d’une conférence de presse mardi, soulignant que cela est nécessaire pour que l’analyse des données et l’agriculture soient « adaptées à l’ère numérique ».
Parallèlement, Mme Elvinger a qualifié les données de « fil conducteur de l’élaboration de politiques rationnelles », soulignant que le big data est également en train de devenir « la référence en matière d’agriculture ».
« La Commission européenne devrait améliorer ses analyses de données et en faire davantage pour exploiter le potentiel du big data afin d’analyser la PAC en se basant sur de larges preuves », a-t-elle déclaré.
La Commission reste « sceptique » face à l’automation
Pour démontrer comment l’automation pourrait contribuer à faciliter le processus, les auditeurs ont pris l’initiative de concevoir un dispositif pilote qui, selon eux, a prouvé qu’il était à la fois possible et avantageux de remplacer les « procédures manuelles chronophages ».
Selon les auditeurs, le test suggère que la Commission dispose d’une « marge de manœuvre importante pour intégrer des outils analytiques avancés rentables et des outils apparentés dans les systèmes informatiques existants », précisant que la création d’une feuille de calcul comportant 11 000 entrées n’a pris que 12 heures, tandis que l’automation a également permis d’éviter les erreurs humaines.
Toutefois, la Commission est restée « sceptique » quant à l’efficacité de l’automation, ont indiqué les auditeurs.
« La Commission s’est montrée quelque peu sceptique quant à l’équilibre entre le travail nécessaire pour développer un tel outil et les avantages », ont déclaré les auditeurs, ajoutant que l’automation était entravée par le fait qu’une grande partie des données n’était pas dans un format standard.
Cependant, la Commission a convenu que l’automation réduit les erreurs qui peuvent se produire en raison de la manipulation humaine, a ajouté l’auditeur.