Collège des commissaires : après la tragédie de Valence, le Partido Popular bloque la nomination de Teresa Ribera
Le Partido Popular, parti d’opposition de centre droit espagnol, ne soutiendra pas la future Commission européenne si l’actuelle ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera en fait partie, a averti dimanche la porte-parole du parti au Parlement européen, Dolors Montserrat.
Dimanche 17 novembre, la porte-parole du Partido Popular (PP, Parti populaire européen) au Parlement européen, Dolors Montserrat, a averti que le parti d’opposition de centre droit espagnol ne soutiendra pas la future Commission européenne si l’actuelle ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera (Parti socialiste ouvrier espagnol/PSOE, Socialistes et Démocrates européens/S&D) en fait partie.
« Il est impossible que le Partido Popular soutienne un gouvernement européen [d’Ursula von der Leyen] auquel participerait Teresa Ribera après tout ce qui s’est passé ces deux [dernières] semaines », a déclaré Dolors Montserrat, faisant référence aux graves inondations qui ont frappé Valence et Castille-La Manche le 29 octobre et qui ont à ce jour coûté la vie à 220 personnes.
Selon le Partido Popular, Teresa Ribera, dont le rôle actuel en tant que ministre inclut la prévention des inondations, n’a pas été en mesure de faire face à la gravité de la situation.
Le parti rejette donc sa candidature au poste de commissaire européen et lui demande d’expliquer sa gestion de la crise devant le Parlement.
Ursula von der Leyen (PPE) a proposé Teresa Ribera comme nouvelle commissaire à la Concurrence et vice-présidente de la Commission pour une Transition Propre, Equitable et Compétitive.
Mais depuis plusieurs jours, le Partido Popular, avec son groupe européen, le PPE, mène une intense activité politique à Bruxelles pour tenter de faire échouer la candidate. Cette manœuvre lui a valu de vives critiques de la part de la gauche espagnole, qui reproche au parti de droite son attitude « anti-patriotique ».
À cet égard, Dolors Montserrat a réitéré dans un message vidéo diffusé sur les réseaux sociaux dimanche que le Partido Popular — avec le soutien du chef du PPE Manfred Weber — ne votera pas en faveur d’une deuxième Commission Ursula von der Leyen si Teresa Ribera fait partie du nouvel exécutif bruxellois, a rapporté EFE.
Responsable de 220 décès ?
Pour tenter de sortir de l’impasse actuelle, Dolors Montserrat a suggéré dimanche au Premier ministre espagnol Pedro Sánchez que le gouvernement de coalition du PSOE et de la plateforme de gauche Sumar propose un autre candidat au poste de commissaire ou que « son aptitude [celle de Mme Ribera] soit soumise à un vote secret des eurodéputés ».
« Nous verrons si les eurodéputés veulent soutenir par leur vote une vice-présidente qui a un problème de gestion et de responsabilité publique dans lequel 220 Européens ont perdu la vie dans la Communauté valencienne et en Castille-La Manche », a déclaré la porte-parole, selon la chaîne publique espagnole RTVE et l’agence EFE.
Le Partido Popular considère que Teresa Ribera est politiquement responsable de la tragédie de Valence, et demande au gouvernement de la remplacer par un nouveau candidat.
Le PPE, cependant, n’est pas prêt à demander un autre nom, et le groupe européen a posé deux conditions pour le moment : que Teresa Ribera s’explique devant le Parlement — ce qui pourrait se faire mercredi 20 novembre — et que la ministre s’engage à démissionner si elle est jugée pour la gestion des inondations catastrophiques.
Le blocage a temporairement gelé la nomination des six nouveaux vice-présidents de la Commission européenne, dont Teresa Ribera et le commissaire désigné hongrois Olivér Várhelyi, qui a lui aussi causé des désaccords entre les groupes politiques.
Cette situation sans précédent menace la coalition des familles politiques pro-européenne (PPE et S&D), qui est à la base des fondations de l’Union européenne depuis plusieurs décennies.
Ce qui se passera à Bruxelles au cours des cinq prochains jours déterminera si le Parlement européen peut voter pour approuver le nouvel exécutif dans son ensemble mercredi 27 novembre, afin qu’il puisse entrer en fonction le 1er décembre.