Corruption : le ministre espagnol de la Justice fait l’objet d’une enquête de la Cour suprême
Le juge chargé de l’enquête sur l’épouse du Premier ministre de Pedro Sánchez a officiellement saisi la Cour suprême pour qu’elle ouvre une enquête sur le ministre de la Justice, Félix Bolaños, pour détournement de fonds et faux témoignage.
Le juge chargé de l’enquête sur Begoña Gómez, l’épouse du Premier ministre Pedro Sánchez, a officiellement saisi la Cour suprême pour qu’elle ouvre une enquête sur le ministre de la Justice, Félix Bolaños, pour détournement de fonds et faux témoignage.
Le juge a fait valoir que Félix Bolaños aurait joué un « rôle actif » — ce qu’il avait précédemment nié devant le tribunal — dans le système de corruption qui impliquerait l’épouse de Pedro Sánchez. Il est soupçonné d’avoir utilisé sa position pour attribuer des marchés publics à des entreprises privées, selon RTVE.
Cette dernière évolution est un nouveau coup dur pour Pedro Sánchez, dont le parti, le Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE), et l’entourage sont déjà au centre d’un important scandale de corruption, notamment pour détournement présumé de fonds européens.
Begoña Gómez fait actuellement l’objet d’une enquête pour corruption et trafic d’influence présumés. Elle est accusée d’avoir utilisé son statut d’épouse du Premier ministre pour obtenir le parrainage d’un master qu’elle codirigeait à l’Université Complutense de Madrid.
Félix Bolaños a témoigné en avril dernier dans le cadre de cette enquête, mais le juge aurait trouvé des « contradictions » dans son témoignage.
Félix Bolaños a nié toute implication dans la nomination du conseiller de Begoña Gómez, qui l’aurait aidée dans des « affaires institutionnelles et privées » liées à la « promotion illégale de ses intérêts personnels ».
La demande officielle du juge mardi de renvoyer l’affaire devant la Cour suprême permettrait à la procédure judiciaire contre Félix Bolaños de se poursuivre, celui-ci occupant actuellement un poste au sein du cabinet de Pedro Sánchez.
En vertu du droit espagnol, les hauts fonctionnaires, notamment les ministres, les députés et les sénateurs, bénéficient d’une immunité judiciaire et ne peuvent être poursuivis que par la Cour suprême.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]