Covid-19 : une réponse plus rapide réduit l’impact économique et la surmortalité des pandémies, révèle une étude
Une étude menée par l’Institut Pasteur sur la pandémie de Covid-19 a révélé que les interventions non pharmaceutiques et la distribution rapide de vaccins aux personnes âgées ont permis de réduire le nombre de décès et l’impact économique.
Une étude menée par l’Institut Pasteur sur la pandémie de Covid-19 a révélé que les interventions non pharmaceutiques et la distribution rapide de vaccins aux personnes âgées ont permis de réduire le nombre de décès et l’impact économique.
L’étude, intitulée « Schémas et facteurs de surmortalité pendant la pandémie de Covid-19 dans 13 pays d’Europe occidentale », révèle que les pays qui ont mis en œuvre des mesures plus tôt — avant que les hôpitaux ne soient soumis à une forte pression — ont enregistré des taux de mortalité inférieurs à ceux des pays qui l’ont fait plus tardivement. Ces mêmes pays ont également fait preuve d’une meilleure résistance économique, selon l’étude.
Les auteurs de l’étude indiquent que plusieurs facteurs contribuent à expliquer la disparité de la surmortalité entre les pays. En Italie, où les premiers cas européens ont été détectés, les chiffres sont naturellement plus élevés (2,7 décès pour 1 000 habitants), alors que d’autres pays, touchés plus tardivement, ont pu tirer des leçons de la crise qui se déroulait ailleurs, notamment en mettant en œuvre des interventions non pharmaceutiques avant que leurs systèmes sanitaires ne soient submergés.
Lorsque ces interventions ont été réalisées alors que la pression sur les systèmes hospitaliers était encore gérable, l’étude a révélé une réduction des taux de mortalité. Par exemple, l’Allemagne (1,5 décès pour 1 000 habitants) et le Danemark (0,5 à 1 décès pour 1 000 habitants) ont imposé des fermetures d’établissements ou des mesures de distanciation sociale alors que les hospitalisations étaient encore relativement faibles — 20 nouvelles hospitalisations par semaine et par million d’habitants.
La Norvège enregistrait moins de 40 hospitalisations par million d’habitants lorsque les mesures ont été introduites, et a finalement enregistré 0,5 à 1 décès pour 1 000 habitants, tandis qu’en France, où les décès ont été de 1,5 pour 1 000 habitants, lorsque les mesures ont été mises en œuvre le 17 mars 2020 les hospitalisations s’élevaient déjà à 70 par million d’habitants.
En Italie, le premimer pays d’Europe où le virus s’est répandu, les admissions à l’hôpital avaient déjà dépassé 130 par semaine lorsque les mesures ont été introduites.
Facteurs structurels
L’étude montre que la surmortalité a été également influencée par plusieurs facteurs structurels. Par exemple, les citoyens ont eu tendance à mieux respecter les règles dans les pays où la confiance dans le gouvernement national était plus élevée.
« Un niveau de confiance plus élevé dans les institutions a possiblement facilité le respect des mesures de contrôle, en particulier au début de la pandémie, pendant une période de grande incertitude », note l’étude.
Les mesures strictes de distanciation sociale ont varié en intensité d’un pays à l’autre, et l’étude note que les pays scandinaves ont opté pour des mesures moins strictes et des réductions limitées de la mobilité de la population.
En cas de nouvelle pandémie, les auteurs estiment que le respect de ces règles pourrait être amélioré si la durée de leur application était plus courte, ce qui serait rendu possible par « la mise au point et la disponibilité rapides d’un vaccin efficace ».
De même, des facteurs tels que le nombre d’arrivées de touristes internationaux, la densité de la population ou le pourcentage de la population exposée au risque de pauvreté sont également cités comme moteurs des différences de taux de mortalité entre les pays étudiés.
Impact économique
Les épidémiologistes de l’Institut Pasteur et du groupe de travail Western European Covid-19 Excess Mortality ont également examiné les tendances du produit intérieur brut (PIB) dans les pays étudiés. L’étude souligne que plus les mesures ont été mises en œuvre tôt, moins l’impact économique a été important.
Ainsi, le PIB a diminué de moins de 5 % en Allemagne, au Danemark, en Norvège et en Suisse, alors qu’il a chuté d’environ 10 % en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni. L’étude souligne que les économies italienne et espagnole ont été touchées par la baisse des arrivées de touristes plus durement que les autres pays étudiés.
Au sein des institutions européennes, de nombreuses questions liées à la vaccination, aux fermetures d’établissements et à la gestion des crises sont revenues au premier plan des discussions depuis la pandémie de Covid-19.
Le Parlement européen a même créé une commission spéciale sur la Covid-19, qui a commencé ses travaux en avril 2022. En juillet 2023, les eurodéputés ont également adopté à une écrasante majorité une résolution appelant à tirer les leçons de la crise sanitaire. Le texte soulignait qu’un « niveau élevé de protection de la santé humaine doit être assuré dans la conception, la définition et la mise en œuvre de toutes les politiques, législations, financements et activités de l’UE ».
L’étude conclut que, malgré les appels scientifiques à tirer les leçons de la pandémie, les progrès restent lents. « La menace d’une nouvelle pandémie est toujours très réelle », a mis en garde un des auteurs de l’étude, Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur.
[Édité par Anna Martino]