CRE ne donnera pas « carte blanche » à Ursula von der Leyen avant les élections, selon un eurodéputé tchèque

Les Conservateurs et Réformistes européens (CRE) n’ont pas l’intention de promettre leur soutien à Ursula von der Leyen pour qu’elle reste à la tête de la Commission européenne, selon l’eurodéputé tchèque Alexandr Vondra.

EURACTIV République tchèque
EP-120473E_Plenary19_Taiwan
Selon M. Vondra, la Commission a besoin d’être moins révolutionnaire, moins bureaucratique et moins idéologique. [European Parliament Media Service]

Les Conservateurs et Réformistes européens (CRE) n’ont pas l’intention de promettre leur soutien à Ursula von der Leyen pour qu’elle reste à la tête de la Commission européenne, a annoncé l’eurodéputé tchèque Alexandr Vondra dans une interview exclusive accordée à Euractiv République tchèque.

Selon M. Vondra, du Parti démocratique civique tchèque (ODS, CRE), il est nécessaire d’attendre le résultat des élections pour décider de la direction de la future Commission européenne et de sa composition.

Cependant, à l’approche des élections, il constate que Mme von der Leyen prend un virage plus prononcé à droite.

« Quant à Ursula von der Leyen, elle est candidate du Parti populaire européen (PPE). Au sein des CRE, nous ne lui avons pas encore donné carte blanche dans ce sens et nous n’avons aucunement l’intention de le faire avant les élections [européennes] », a affirmé M. Vondra.

Mme von der Leyen doit d’abord obtenir le soutien des dirigeants des États membres, puis l’approbation du Parlement européen, ce qui ne sera pas chose aisée. Pour y parvenir, elle n’exclut pas de coopérer avec les partis situés plus à droite du PPE.

« Nous [au sein du groupe CRE] avons l’impression qu’elle adapte un peu ses politiques à la situation actuelle. Soudain, il y a la déclaration d’Anvers en faveur de l’industrie, soudain il y a ces déclarations sur le fait que nous ne pouvons pas ignorer les besoins de l’industrie, de l’économie, etc. Je m’en réjouis, bien sûr », a expliqué M. Vondra. Il a toutefois ajouté qu’il fallait adopter une approche consistant à « faire confiance, mais vérifier » à l’égard de la présidente de la Commission européenne.

« L’ensemble de notre groupe attendra certainement les élections pour voir quelle sera la nouvelle composition du Parlement », a-t-il ajouté.

Selon M. Vondra, la Commission a besoin d’être moins révolutionnaire, moins bureaucratique et moins idéologique. Selon lui, ce n’est pas Mme von der Leyen qui pose problème, mais d’autres, comme l’ancien commissaire européen et artisan du Green Deal Frans Timmermans, qui a quitté la Commission pour se consacrer à ses ambitions politiques aux Pays-Bas.

Les projections d’Europe Elects suggèrent que les élections bénéficieront au groupe CRE, qui pourrait même disputer la place de troisième plus grand groupe au Parlement européen.

Le groupe pourrait également s’agrandir — récemment, un représentant du parti Reconquête ! d’Éric Zemmour a rejoint le groupe et le parti au pouvoir de Viktor Orbán, le Fidesz, a également fait part de son intérêt à rejoindre les Conservateurs.

Pour M. Vondra, cependant, l’élargissement du groupe CRE obéit à des limites claires : la position des partis face à la guerre en Ukraine.

« Si quelqu’un se contente de répéter la propagande de [Vladimir] Poutine, il n’a rien à faire ici [au sein du groupe CRE]. Je l’ai dit au Fidesz, aucune négociation ne peut avoir lieu avec eux pour cette raison », a expliqué M. Vondra.

Il a également souligné que le groupe avait « cuisiné » les représentants du parti Reconquête ! sur les mêmes questions.

[Édité par Anna Martino]