Dérèglement climatique : Emmanuel Macron appelle à « mettre la pression » sur les pays riches extra-européens
Lors de la COP27, qui se tient à Charm-el-Cheïkh, le président français a indiqué lundi (7 novembre) vouloir « mettre la pression » sur Chine et États-Unis pour aider les pays pauvres qui subissent les plus grandes conséquences du changement climatique.
Lors de la COP27, qui se tient à Charm-el-Cheïkh depuis dimanche, le président français a indiqué lundi (7 novembre) vouloir « mettre la pression » sur la Chine et les États-Unis pour aider les pays pauvres qui subissent les plus grandes conséquences du changement climatique.
Participant à une table ronde avec des activistes dans la matinée, le président français a indiqué vouloir « mettre la pression sur les pays riches non européens, leur dire ‘vous devez payer votre part’ ». En particulier, selon M. Macron, « la Chine et les États-Unis doivent faire plus ».
Car, assure-t-il, « les Européens payent », mais « on est les seuls à payer ».
Une question de « justice climatique » qui se pose, selon le chef d’État français, alors que les pays pauvres ou émergents subissent les conséquences les plus lourdes du réchauffement climatique.
Entre autres, le président sénégalais Macky Sall déclarait à la radio franceinfo que « nous [les pays africains] supportons le coût du développement des projets verts en Afrique en recourant à la dette, cela n’est pas acceptable ».
« Il faut une solidarité internationale », a-t-il lancé, en se désolant que la promesse du versement de 100 milliards d’euros par an à partir de 2020, pris lors de la COP15 de Copenhague de 2009, n’ait pas été tenue.
Mais aujourd’hui, pour le président français, les 100 milliards et autres instruments prévus jusqu’ici ne suffisent plus face à l’ampleur de la situation. Il est ainsi urgent de créer des « financements innovants pour le climat », qui pourraient voir le jour grâce à un « groupe des sages de haut niveau », du FMI, de la Banque mondiale et de l’OCDE qui pourrait être concrétisé dès le printemps 2023.
Ce projet est notamment porté par la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, et le président français.
Cela servirait à mobiliser des financements exceptionnels publics et privés et à changer les règles des grandes institutions financières, pour prendre en compte la situation dans laquelle se trouverait un État emprunteur victime d’un « choc climatique ».
Mais selon les associations écologistes, « la France se défausse de ses responsabilités à court terme vis-à-vis des communautés les plus impactées par le changement climatique », car ce conseil des sages « ne répond en aucun cas à l’urgence et à la nécessité d’apporter une réponse financière dès maintenant pour les communautés les plus vulnérables », déclare Aurore Mathieu, responsable Politiques internationales au Réseau action climat.
Autant d’argent et d’investissement qui doivent servir à éviter autant que possible le recours au charbon. Le président du Sénégal décrivait lui-même ce risque : « si l’argent n’est pas là », le continent africain serait alors contraint de se tourner vers le charbon, « ce qui est aujourd’hui en cours dans la plupart des pays industrialisés ».
C’était déjà la position que défendait début octobre l’Union africaine, présidée par M. Sall et qui regroupe les 55 pays du continent africain. L’organisation menaçait de recourir de plus en plus aux investissements dans les énergies fossiles afin d’obtenir des financements des pays riches.
Or « la sortie du charbon est la mère des batailles », indiquait l’Élysée en amont de la COP27.
Qui plus est, « au-delà des cibles financières […] ce qui compte, ce sont les projets qu’on met en place sur le terrain et l’approche pragmatique qu’on peut développer pour faire vraiment la différence » détaillait le palais présidentiel.
Ainsi, dans cet esprit, le chef de l’État français a par exemple assuré, après l’avoir fait à Glasgow en 2021, que « la France investira un milliard d’euros pour accompagner » la sortie du charbon en Afrique du Sud, grâce au développement des énergies renouvelables, du nucléaire et aux économies d’énergie.
Des efforts « à intensifier », a expliqué M. Macron, « avec l’Indonésie, l’Inde, le Sénégal ». Selon lui, « la révolution énergétique est possible et elle passe par cette stratégie avec les émergents ».
[Édité par Paul Messad]