Des députés veulent supprimer les frontières avec la Roumanie et la Bulgarie
Selon la commission des libertés civiles du Parlement européen, les deux pays réunissent les conditions nécessaires pour adhérer pleinement à l’espace Schengen.
Selon la commission des libertés civiles du Parlement européen, les deux pays réunissent les conditions nécessaires pour adhérer pleinement à l’espace Schengen.
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La Roumanie et la Bulgarie sont prêtes à faire partie de l’espace Schengen, qui permet aux citoyens de circuler librement, sans contrôle aux frontières. Le rapport de l’eurodéputé Carlos Coelho sur la levée des frontières intérieures avec ces deux pays a été adopté par la commission des libertés civiles, le 2 mai.
« Ces deux pays sont-ils prêts à intégrer l’espace Schengen ? Ma réponse est clairement oui. Et cela est clair dans tous les rapports d’évaluation et toutes les visites que nous avons menées. Dans certains domaines, ces deux pays sont parfois mieux préparés que d’autres pays qui sont déjà membres de [l’espace] Schengen », a affirmé le rapporteur.
Carlos Coelho salue également l’implication politique des deux États « afin de prouver qu’ils respectent tous les critères de Schengen ».
D’après le rapport, les évaluations menées dans les deux pays sont positives. Celles-ci concernent les règles communes de l’espace Schengen en matière de contrôle des frontières aériennes, maritimes et terrestres, de procédure d’émission des visas, de mise en place du système d’information Schengen (SIS) et de coopération policière.
Frontières sensibles
La Bulgarie et la Roumanie se trouvent aux frontières extérieures de l’Union, dans une zone où la pression migratoire est forte. Bien que les deux pays remplissent les conditions nécessaires pour intégrer l’espace Schengen, les députés estiment que la Bulgarie devra prendre des mesures supplémentaires d’ici la levée des contrôles aux frontières.
Le rapport préconise par exemple d’élaborer une approche commune avec la Grèce et la Turquie afin de faire face à un éventuel afflux migratoire.
Des insuffisances en matière de contrôle des frontières aériennes ont également été relevés en Bulgarie. Le pays devra informer le Parlement et le Conseil des ministres de la mise en oeuvre de mesures supplémentaires dans ce domaine.
Unanimité difficile
Le Parlement européen doit encore voter l’adhésion pleine et entière des deux pays lors d’une session plénière à Strasbourg, juste avant la réunion des ministres des affaires intérieures des 9 et 10 juin.
La décision d’intégration sera prise à l’unanimité par les gouvernements des 22 États appartenant déjà à l’espace Schengen.
La France, l’Allemagne, la Finlande et le Danemark ont notamment fait part de leur hostilité à l’intégration de la Roumanie et de la Bulgarie. «Nous ne mettrons pas le doigt dans des engrenages qui consisteraient à affaiblir nos frontières et la capacité de l’Europe à gérer et à contrôler ses flux migratoires», a indiqué à plusieurs reprises le ministre des Affaires européennes Laurent Wauquiez.
«Ce que dit la France très simplement, c’est que, bien entendu, la Roumanie et la Bulgarie n’ont pas une porte fermée, mais il faut que des critères simples soient respectés», avait-il précisé.
Les eurodéputés espèrent néanmoins que l’entrée des deux pays dans Schengen sera décidée avant la fin de l’année 2011.