Des médiateurs européens au chevet de l'Albanie
Les dirigeants des deux principaux groupes du Parlement européen recevront à dîner ce soir (20 mai) à Strasbourg le premier ministre et le principal chef de l'opposition d'Albanie, afin d'essayer d'éviter que le pays ne sombre dans le chaos politique.
Les dirigeants des deux principaux groupes du Parlement européen recevront à dîner ce soir (20 mai) à Strasbourg le premier ministre et le principal chef de l'opposition d'Albanie, afin d'essayer d'éviter que le pays ne sombre dans le chaos politique.
Sali Berisha, premier ministre albanais, et Edi Rama, son principal opposant issu du Parti socialiste, ont accepté l'invitation pour discuter de leurs différends autour d'un dîner à Strasbourg.
Martin Schulz, dirigeant du groupe des Socialistes & Démocrates (S&D) au Parlement, et Joseph Daul, président du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, ont envoyé une invitation conjointe le 19 mai, pressant les ennemis politiques albanais d'accepter leur offre de médiation et de débloquer l'impasse politique dans leur pays.
Les Albanais sont en route et le commissaire de l'UE à l'élargissement Štefan Füle devrait aussi participer, ont affirmé à EURACTIV les porte-parole des deux groupes politiques.
Grève de la faim
L'Albanie s'est rapprochée du chaos politique ces dernières semaines en raison des élections contestées organisées en juin 2009 (voir "Contexte").
Le Parti socialiste, dans l'opposition, qui contrôle encore presque la moitié des sièges au parlement, a boycotté l'assemblée depuis des mois, empêchant l'adoption des lois, notamment de nombreux textes nécessaires pour aligner le pays sur la législation de l'UE.
Depuis avril, le Parti socialiste a appelé à des manifestations antigouvernementales pour accélérer la chute du gouvernement de centre droit de M. Berisha (EURACTIV 06/04/10).
Quelques 200 manifestants du camp socialiste, y compris 22 membres du parlement, ont même commencé une grève de la faim.
Suspension possible du processus d'adhésion ?
Dans deux lettres identiques adressées à MM. Berisha et Rama, MM Daul et Schulz ont exprimé leurs inquiétudes de voir un tel cafouillage politique en Albanie quand l'UE commence à examiner la candidature du pays pour obtenir le statut de candidat officiel.
Mettant la pression sur les deux camps, les eurodéputés ont averti que cette dispute pourrait conduire à la suspension du processus d'adhésion – quelque chose qui n'est jamais arrivé dans l'histoire de l'UE.
Nos deux groupes politiques craignent qu'une conclusion ne puisse être tirée sur la question du fonctionnement de la démocratie sans une solution de compromis à l'actuelle crise politique, écrivent-ils.
Nous préfèrerions demander conjointement une suspension du processus d'adhésion jusqu'à ce qu'un règlement juste du différend soit trouvé, plutôt que de risquer de faire une recommandation négative, ont affirmé les dirigeants.
Le dîner de Strasbourg pourrait être suivi d'une rencontre vendredi matin, durant laquelle les deux parties sont invitées à travailler sur la conclusion d'une solution de compromis. Le commissaire Füle a également été invité à participer à ces discussions.
MM. Daul et Schulz ont pressé les deux dirigeants albanais de décourager leurs partisans d'organiser des manifestations – y compris les grèves de la faim, pour empêcher toute escalade.
Antoine Ripoll, porte-parole de Joseph Daul, a déclaré que, bien qu'ils aient lieu de façon si précipitée, le dîner et les rencontres se tiendraient dans de bonnes conditions, puisque les grèves de la faim ont été interrompues entre temps.