Devant le patronat italien, Giorgia Meloni fustige « les droits de douane internes » à l’UE

La cheffe du gouvernement italien s’est attaquée aux « droits de douane internes » à l’UE, faisant référence aux coûts des « normes » qu’elle impose, lors d’un discours tenu devant le syndicat du patronat italien, la Confindustria.

EURACTIV France avec AFP
Italian Daily Politics 2025
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni. [Getty Images/Antonio Masiello]

La cheffe du gouvernement ultraconservateur italien Giorgia Meloni s’est attaquée mardi 27 mai aux « droits de douane internes » à l’Union européenne, faisant référence aux coûts des « normes » qu’elle impose, lors d’un discours tenu devant le syndicat du patronat italien, la Confindustria.

Pour Giorgia Meloni, « dans un contexte d’instabilité des marchés internationaux », le président américain Donald Trump menaçant d’assommer l’UE avec des droits de douane de 50 %, « l’Europe doit avoir le courage […] de supprimer les droits internes qu’elle s’est imposés au fil des ans ».

La Première ministre italienne a avancé que « selon le Fonds monétaire international, le coût moyen pour vendre des biens entre les États de l’Union européenne équivaut à des droits de douane d’environ 45 %, contre 15 % aux États-Unis ».

Giorgia Meloni fait référence aux coûts pour les entreprises que génère la règlementation européenne, — notamment celle liée à la lutte contre le réchauffement climatique —, qu’elle considère être une « hyperrégulation qui a étouffé notre développement ».

L’Europe, qu’elle qualifie de « super-structure bureaucratique », a ainsi « presque 400 kilomètres de journaux officiels », a-t-elle déploré.

Elle a notamment fustigé les règles imposées aux constructeurs automobiles en matière d’émissions de CO2, que les députés européens ont déjà allégées début mai, mais pas pour les « poids lourds », a reproché Giorgia Meloni.

Fin février, la Commission européenne a par ailleurs présenté son projet de loi omnibus, un ensemble de mesures visant à simplifier des textes sociaux et environnementaux s’appliquant aux entreprises, notamment le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal).

« La Commission a commencé un processus » avec ce projet de loi omnibus, « mais le changement de rythme doit être substantiel », a estimé Giorgia Meloni.

Devant le patronat italien, la cheffe du gouvernement italien est peu revenue sur la guerre commerciale entamée par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche, évoquant simplement un « dialogue » entre les États-Unis et l’UE « l’Italie a facilité […] et qui doit être poursuivi avec sagesse et bon sens ».

Le président américain avait menacé fin mai d’imposer des droits de douane de 50 % sur le bloc à partir du 1er juin, jugeant que les négociations n’allaient « nulle part ».

Mais il a ensuite accepté de reporter la date de la mise en place des droits de douane sur les exportations de l’UE au 9 juillet, après un appel téléphonique avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

L’exécutif européen s’est engagé à réduire de 25 % les coûts administratifs pour les entreprises d’ici à 2029.

La Commission européenne avait ainsi proposé fin mai d’alléger certaines obligations règlementaires pour 38 000 entreprises de taille intermédiaire, entre 250 et 750 salariés, poursuivant un virage pro-business visant à rétablir la compétitivité de l’Europe face aux concurrents internationaux, une urgence renforcée par la politique protectionniste agressive de Donald Trump.