Discours sur l’état de l’Union : Ursula von der Leyen souligne les succès de son mandat

La présidente de la Commission européenne a défendu son bilan en tant que présidente de l’exécutif de l’UE dans son discours sur l’état de l’Union mercredi. Elle s’est affichée comme la représentante des citoyens européens en matière d’économie, de changement climatique et de migration.

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State of the European Union debate at European Parliament
« Nous travaillerons sur la stratégie de l’industrie européenne de la défense afin d’examiner comment nous pouvons aider notre industrie à accélérer la production d’équipements critiques », a déclaré Mme von der Leyen devant les eurodéputés à Strasbourg. [ EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a défendu son bilan en tant que présidente de l’exécutif de l’UE dans son discours sur l’état de l’Union mercredi (13 septembre). Elle s’est affichée comme la représentante des citoyens européens en matière d’économie, de changement climatique et de migration.

Jusqu’à récemment, Mme von der Leyen avait refusé de dire si elle briguerait un second mandat après les élections européennes de 2024.

Dans son dernier discours sur l’état de l’Union avant les élections de juin prochain, prononcé à Strasbourg, elle s’est montrée convaincante, bien que peu explicite, au sujet d’un nouveau mandat de quatre ans, tout en prenant peu d’engagements concernant de nouvelles politiques.

Mme von der Leyen s’est concentrée sur les questions intraeuropéennes, telles que le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) et l’économie européenne, laissant quelque peu de côté la guerre de la Russie en Ukraine, l’élargissement futur de l’UE et une éventuelle modification du traité.

Mme Von der Leyen a affirmé que son équipe avait mis en œuvre plus de 90 % des propositions présentées lorsqu’elle est devenue présidente de la Commission en 2019.

« Lorsque je me suis présentée à vous, en 2019, avec mon programme pour une Europe verte, numérique et géopolitique, certains, je le sais, avaient des doutes », a-t-elle déclaré aux eurodéputés à Strasbourg.

« Mais regardez où en est l’Europe aujourd’hui. Nous avons vu naître une Union géopolitique — qui soutient l’Ukraine, qui s’oppose à l’agression russe, qui réagit à l’assertivité de la Chine et qui investit dans des partenariats », a-t-elle continué.

« Nous avons à présent un Pacte vert pour l’Europe qui est la pièce maîtresse de notre économie et dont l’ambition est sans pareil. »

Le Pacte vert, piloté par le commissaire européen Frans Timmermans, qui a depuis quitté la politique de l’UE pour se consacrer à la politique néerlandaise, est sans doute l’héritage le plus important de la Commission von der Leyen.

Plus de 30 dossiers législatifs visant à réduire les émissions de carbone et à augmenter l’approvisionnement en énergie renouvelable dans le cadre d’un effort de l’UE vers zéro émission nette ont été adoptés depuis 2019.

Toutefois, pendant la majeure partie de son discours, Mme von der Leyen s’est efforcée de se présenter comme la représentante des citoyens et des entreprises de l’Union européenne.

Quoi qu’il en coûte…

« […] L’Europe fera tout pour conserver son avantage concurrentiel, “quoi qu’il en coûte” », a-t-elle déclaré aux eurodéputés, affirmant qu’elle défendrait les entreprises européennes contre toute concurrence déloyale.

« Je vous annonce donc aujourd’hui que la Commission ouvre une enquête antisubventions sur les véhicules électriques en provenance de Chine. L’Europe est ouverte à la concurrence. Pas à un nivellement par le bas », a-t-elle notamment déclaré.

Mme Von der Leyen a affirmé que la réponse de sa Commission à la pandémie de Covid-19 avait permis à l’UE d’éviter la « nouvelle vague de chômage de masse du genre de celle qui s’est produite dans les années 1930 » à laquelle certains s’attendaient. Et d’ajouter que l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE) avait permis de sauver 40 millions d’emplois.

Elle a toutefois reconnu que l’inflation resterait élevée dans les mois à venir.

La présidente de la Commission a également tenu compte des avertissements des milieux d’affaires européens et des partis de centre droit et libéraux concernant la réduction de la charge administrative pesant sur les entreprises, en promettant qu’elle présenterait le mois prochain des propositions législatives visant à réduire de 25 % les obligations de déclaration au niveau européen.

Faisant probablement un clin d’œil aux demandes du camp de droite favorable aux entreprises, elle a déclaré qu’elle nommerait l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE) et ex-Premier ministre italien, Mario Draghi, en tant qu’envoyé chargé d’aider les petites et moyennes entreprises (PME) à gérer les formalités administratives afin de faciliter les affaires.

Manfred Weber, le leader du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, dont Mme von der Leyen est membre, qui pourrait à nouveau être son adversaire pour la présidence de la Commission, a souligné le succès de ce qu’il a décrit comme « la majorité von der Leyen ». Ses éloges semblent être le signe qu’il pourrait être prêt à mettre de côté ses propres ambitions concernant la présidence de l’exécutif.

Ukraine, élargissement et migration

La présidente de la Commission a relégué la dimension extérieure de la politique de l’UE à la deuxième partie de son discours.

Alors que de nombreux observateurs s’attendaient à ce qu’elle insiste sur la réponse de l’Europe à la guerre de la Russie en Ukraine, le discours de Mme von der Leyen n’a pas abordé les réalisations de l’UE au cours des dix-huit derniers mois.

Elle a néanmoins invoqué le fait que « l’Europe a répondu à l’appel de l’histoire » en plaidant en faveur de l’élargissement de l’UE.

« Dans un monde où certains tentent d’opérer une sélection entre les différents pays, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser de côté nos concitoyens européens », a déclaré Mme von der Leyen aux eurodéputés à Strasbourg.

« Dans un monde où la taille et le poids sont importants, il est clairement dans l’intérêt stratégique et sécuritaire de l’Europe de compléter notre Union », a-t-elle ajouté.

Mais après les débats de ces derniers mois, ceux qui attendaient d’elle plus de détails sur les projets pour l’élargissement de l’UE à l’Europe de l’Est et aux Balkans occidentaux ont été déçus.

Par ailleurs, des références timides ont été faites aux réformes des traités de l’UE « si et lorsque » cela s’avère nécessaire, un langage qui décevra les eurodéputés.

La politique migratoire n’a pas non plus été au centre du discours de la cheffe de la Commission, qui a déclaré qu’elle avait cherché des « solutions pratiques » sur la question migratoire après des années d’impasse et a exhorté les législateurs à finaliser le paquet législatif migratoire dans les mois à venir.

Elle a ajouté que le partenariat récemment conclu entre l’UE et la Tunisie, prévoyant une aide financière en échange du contrôle des migrants, apportera des « avantages mutuels », ajoutant que « nous voulons maintenant travailler sur des accords similaires avec d’autres pays ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]