Discussions sur l’immigration à Bruxelles : la délégation talibane n’a pas encore fait de demandes de visa

La Belgique affirme n'avoir reçu aucune demande de visa de la part des représentants des talibans attendus à Bruxelles ce mois-ci pour des discussions de « niveau technique »

EURACTIV.com
[Photo : Dursun Aydemir/Anadolu via Getty Images]

La visite prévue des talibans à Bruxelles s’est heurtée à un obstacle administratif, la Belgique attendant toujours les demandes de visa de la délégation invitée par la Commission européenne.

Le ministère belge des Affaires étrangères n’a toujours pas reçu les demandes de visa de la délégation talibane attendue à Bruxelles ce mois-ci pour des discussions « de nature technique » à la suite d’une invitation de la Commission, a confié à Euractiv un porte-parole du ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot.

« Nos services n’ont pas encore reçu de demandes de visa de la part des membres d’une délégation talibane dans le cadre de l’invitation de la Commission européenne », a indiqué le porte-parole.

« Ces demandes doivent être introduites par les personnes concernées elles-mêmes », a-t-il ajouté. La procédure devrait prendre plusieurs semaines.

Les discussions, lorsqu’elles auront lieu, se dérouleront à un niveau technique, sans représentants politiques, et porteront sur le retour des criminels condamnés et des personnes considérées comme des menaces pour la sécurité.

Cette visite – dont Euractiv a fait état pour la première fois en avril – a été organisée à l’initiative du ministère belge de la Migration et à l’invitation de la Commission et du gouvernement suédois. L’exécutif européen a confirmé par la suite qu’une invitation avait été envoyée.

La délégation devrait être conduite par Abdul Qahar Balkhi, le porte-parole des talibans pour les affaires étrangères, a rapporté Euractiv en premier. Balkhi n’a pas répondu à la demande de commentaires d’Euractiv concernant les raisons pour lesquelles les demandes de visa n’ont pas encore été soumises.

C’est la Belgique qui contrôle la délivrance des visas pour les visiteurs des institutions de l’UE basées à Bruxelles.

Les autorités belges ont déjà lancé des contrôles de sécurité sur les membres potentiels de la délégation dont la Commission leur a communiqué les noms.

« Nous avons déjà reçu les noms des membres potentiels de la délégation il y a quelques semaines, ce qui nous a permis de commencer dès à présent le processus de contrôle de sécurité », a indiqué le porte-parole.

Mais la perspective d’accueillir des représentants des talibans à Bruxelles a suscité des critiques de la part de députés européens, d’ONG et de responsables politiques nationaux, qui font valoir qu’un tel engagement risque de conférer une légitimité à un régime accusé de graves violations des droits de l’homme.

Cette semaine, plus de 30 députés européens des groupes S&D, Renew, des Verts et de la Gauche ont écrit au ministre pour l’exhorter à refuser les visas à la délégation afghane.

Le ministère insiste sur le fait que bloquer l’accès aux invités des institutions européennes créerait un dangereux précédent.

« Si la Belgique commençait à se prononcer sur le bien-fondé des invitations émises par les institutions européennes dans le cadre de leurs propres activités, nous affaiblirions la position de Bruxelles en tant que capitale internationale et diplomatique », a déclaré le porte-parole.

(bw)