E.coli : le bilan humain s'alourdit, les maraîchers s'affolent
L'origine de la bactérie E.coli, présente dans des concombres qui ont causé la mort de 14 personnes et infecté des centaines d'autres, demeurait un mystère hier (30 mai). Pendant ce temps, les scientifiques tentent d'accélérer les tests, alors que les tensions s'intensifient sur le marché européen des légumes.
L'origine de la bactérie E.coli, présente dans des concombres qui ont causé la mort de 14 personnes et infecté des centaines d'autres, demeurait un mystère hier (30 mai). Pendant ce temps, les scientifiques tentent d'accélérer les tests, alors que les tensions s'intensifient sur le marché européen des légumes.
Tous les décès ont été constatés en Allemagne, où 329 infections ont été confirmées, mais certains cas ont été enregistrés aux Etats-Unis où trois victimes ont été identifiées.
La majorité des personnes touchées ou décédées sont des femmes d'âge mûr dont les reins ont été endommagés par des toxines, après avoir développé un syndrome hémolytique et urémique (SHU) causé par une infection due à la bactérie E.coli (voir « Contexte »).
La plupart des infections constatées en dehors de l'Allemagne concernent des Allemands qui voyagent à l'étranger ou des étrangers qui ont récemment séjourné en Allemagne. Tous les décès, sauf un, ont été enregistrés au Nord de l'Allemagne. Les craintes d'une propagation de l'infection se sont toutefois intensifiées avec le décès d'une dame âgée dans l'Etat de Rhénanie du Nord-Westphalie hier à l'Ouest du pays.
La Suède a fait état de 30 cas, dont 13 ont développé le SHU, le Danemark, de 11 cas (dont cinq avec le SHU), le Royaume-Uni, de trois cas (deux SHU), les Pays Bas, d'un cas avec SHU et l'Autriche, de deux cas d'infections STEC (voir « Contexte »).
Les scientifiques tentent d'obtenir des réponses
Des concombres d'Almeria et de Malaga ont été identifiés le 26 mai comme l'une des sources de l'infection, mais des enquêtes sont en cours et les scientifiques n'ont pas encore exclu d'autres sources potentielles ou une contamination au cours du transport. Les résultats des tests devraient apporter des éléments plus probants dès demain.
Une source de l'exécutif de l'UE a expliqué que des experts de la sécurité alimentaire en Europe étaient en contact avec le laboratoire de référence de l'UE pour la bactérie à Rome, afin de tenter d'accélérer la culture des bactéries pour identifier son processus de propagation.
Le laboratoire romain est en train de mettre au point une méthode qui permettra de réduire le temps nécessaire au développement des cultures d'une semaine à environ 48 heures.
Tensions commerciales
Les autorités espagnoles ont suspendu l'activité des fermes concernées à Almeria et à Malaga la semaine dernière. Un chargement suspect de concombres espagnols a été livré au Danemark, mais les autorités danoises ont retrouvé les concombres en question et les ont retirés du marché. Des lots suspects ont également été redistribués à partir de l'Allemagne en Hongrie, en Autriche, en France, au Luxembourg et en République tchèque.
Les autorités sanitaires allemandes ont déconseillé la consommation de concombres, de tomates et de laitues. Certains de ces produits ont d'ailleurs été enlevés des étals des magasins. L'Autriche a interdit la vente de concombres, de tomates et d'aubergines importées via l'Allemagne, alors que la Russie a prohibé l'importation de certains légumes en provenance d'Allemagne et d'Espagne.
L'agence de presse Interfax a cité le responsable de la protection des consommateurs en Russie, Gennady Onishchenko, qui a prévenu que si la situation ne changeait pas, tous les légumes européens seraient interdits.
Diego Lopez Garrido, le secrétaire d'Etat espagnol pour les affaires européennes, a déclaré : « One ne peut pas attribuer l'origine de cette maladie à l'Espagne, il n'y a aucune preuve et c'est la raison pour laquelle nous demanderons des comptes à ceux qui ont accusé l'Espagne ».
Dans le même temps, les eurodéputés de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique ont demandé que la Commission fasse une déclaration sur la propagation de la bactérie lors de la session plénière du Parlement européen la semaine prochaine.
Jeremy Fleming
Article traduit de l'anglais par EURACTIV