E.coli : les autorités allemandes mettent les décès sur le compte de la « malchance »

L'Allemagne a finalement identifié l'origine de l'épidémie d'E.coli comme étant des graines germées cultivées dans une ferme biologique du Nord de l'Allemagne. Les autorités ont toutefois déclaré qu'elles ne prévoyaient pas d'entamer des poursuites judiciaires à l'encontre de l'agriculteur, affirmant que la contamination était due à la « malchance ».

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L'Allemagne a finalement identifié l'origine de l'épidémie d'E.coli comme étant des graines germées cultivées dans une ferme biologique du Nord de l'Allemagne. Les autorités ont toutefois déclaré qu'elles ne prévoyaient pas d'entamer des poursuites judiciaires à l'encontre de l'agriculteur, affirmant que la contamination était due à la « malchance ».

« Ce sont les graines germées », a déclaré vendredi (10 juin) Reinhard Burger, directeur du centre allemand de contrôle des maladies. Il a confirmé que ces graines étaient le dénominateur commun aux milliers de personnes qui sont tombées malades.

Toutefois, l'enquête menée dans la ferme biologique en question a révélé qu'aucune erreur n'avait été commise lors de la production de ces végétaux.

« D'après nos investigations en cours, la ferme n'a commis aucune erreur », a expliqué Gert Hahne, porte-parole des services de protection des consommateurs de Basse-Saxe. « L'hygiène est respectée et toutes les dispositions réglementaires sont observées », a-t-il ajouté.

« Nous n'avons rien constaté de fautif dans cette exploitation et rien qui puisse donner lieu à des poursuites judiciaires », a déclaré M. Hahne, joint par téléphone. « On ne peut sanctionner quiconque pour avoir joué de malchance ».

Les autorités ont affirmé vendredi que la consommation de tomates, de concombres et de salades vertes, aliments d'abord suspectés, était désormais sans danger. Les graines germées doivent toutefois être évitées tant que l'enquête ne sera pas terminée.

Fermeture de la ferme

La ferme mise en cause a été fermée. Les autorités ont déclaré que les résultats des tests effectués dans cette ferme n’avaient pas encore démontré la présence d'E.coli sur le site, mais que quelque 500 échantillons étaient encore en train d'être examinés, y compris des graines en provenance d'Europe et d'Asie.

Des scientifiques ont affirmé que des traces de la souche mortelle de la bactérie avaient été détectées dans un paquet de graines germées issu de la ferme. Ce paquet a été retrouvé dans la poubelle d'une famille dont deux membres étaient tombés malades après en avoir mangé. Lesrésultatsont été confirmés dimanche.

Les autorités ont cependant déclaré que la souche particulièrement virulente de la bactérie restait une menace et que le taux de mortalité pouvait augmenter malgré des signes de ralentissement en termes de nouvelles infections.

Jusqu'à présent, 36 personnes ont perdu la vie à cause de cette bactérie qui a rendu malades plus de 3 000 personnes, principalement en Allemagne.

Vendredi soir, Daniel Bahr, ministre de la santé, a répondu aux critiques concernant la gestion de la crise en déclarant sur la chaîne télévisée ZDF que les informations auraient dû être communiquées plus tôt.

Plusieurs scientifiques déclarent que l'enquête aurait dû se tourner vers les graines germées bien plus tôt.

Fin de l'embargo sur les légumes européens en Russie

Dans le même temps, la Russie a accepté vendredi de lever l'interdiction qui portait sur l'importation de légumes en provenance de l'UE à condition que celle-ci offre des garanties quant à la sûreté des produits (en savoir plus via EUX.TV), permettant ainsi de mettre fin à la querelle au sujet de l’apparition d’E. coli mortelles en Europe.

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a déclaré lors d'une conférence de presse suite au sommet Russie-UE que l'Union délivrerait les certificats nécessaires vendredi soir ou samedi.

« Nous sommes heureux de nous être mis d'accord sur une levée de l'embargo sur les légumes de l'Union européenne », a affirmé M. Barroso.

Le président Dmitri Medvedev a confirmé que l'embargo prendrait fin dans un « futur très proche » si les garanties de sécurité étaient apportées. « Je pense que c'est un bon résultat », a-t-il déclaré après la réunion dans la ville russe de Nizhny Novgorod.

Moscou avait imposé cet embargo afin d'éviter la propagation de la bactérie E.coli. Trente personnes, dont 29 en Allemagne, ont été tuées par la maladie. Elle se manifeste d'abord par des troubles gastriques et peut se développer en syndrome urémique hémolytique (SUH), ce qui entraîne une destruction des globules rouges et de graves problèmes rénaux.

EURACTIV avec Reuters

Article traduit de l'anglais par EURACTIV