Écosse : la Première ministre présente ses plans pour un nouveau référendum sur l'indépendance en octobre 2023

Le gouvernement écossais se trouve en confrontation constitutionnelle avec le gouvernement britannique après avoir présenté des plans visant à organiser un second référendum sur l’indépendance en 2023.

EURACTIV.com
epa08176141 A handout photo made available by the Scottish Parliament shows First Minister Nicola Sturgeon speaking during the Scottish Government Debate in at the parliament in Edinburgh, Scotland, Britain, 29 January 2020. The Scottish parliament debated another Scottish Independence Referendum.  EPA-EFE/Finn Hall / Scottish Parliament HANDOUT  HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES
«  Le moment est venu — en ce moment critique de l’histoire — de débattre et de décider de l’avenir de notre pays. C’est le moment de mettre l’Écosse sur le bon chemin — le chemin choisi par ceux qui vivent ici. C’est le moment de l’indépendance  », a déclaré Mme Sturgeon aux législateurs écossais. [[Handout photo/EPA/EFE]]

Le gouvernement écossais s’est placé sur une trajectoire de confrontation constitutionnelle avec le gouvernement britannique après avoir présenté des plans visant à organiser un second référendum sur l’indépendance en octobre 2023.

En annonçant mardi 28 juin un nouveau projet de loi sur le référendum, la Première ministre Nicola Sturgeon a déclaré au Parlement écossais que le pays était entravé par le Royaume-Uni et qu’elle ne permettrait pas que «  la démocratie écossaise soit prisonnière de Boris Johnson [le Premier ministre britannique]  ».

«  Le moment est venu — en ce moment critique de l’histoire — de débattre et de décider de l’avenir de notre pays. C’est le moment de mettre l’Écosse sur le bon chemin — le chemin choisi par ceux qui vivent ici. C’est le moment de l’indépendance  », a déclaré Mme Sturgeon aux législateurs écossais.

Cependant, la tenue d’un scrutin est juridiquement délicate. Le gouvernement d’Édimbourg n’a pas l’autorité légale de convoquer un référendum sans le consentement du gouvernement de Westminster et M. Johnson a déclaré qu’il s’opposerait à un nouveau scrutin. Les sondages d’opinion sur la question ont été très volatils et, au cours de l’année écoulée, ont indiqué qu’une petite majorité d’Écossais étaient favorables au maintien dans le Royaume-Uni.

Afin de contourner le blocage juridique, Mme Sturgeon a déclaré qu’elle allait immédiatement saisir la Cour suprême du Royaume-Uni pour qu’elle se prononce sur la question. Le gouvernement du Parti national écossais (Scottish National Party, SNP) prévoit que le référendum soit consultatif plutôt que juridiquement contraignant, dans l’espoir qu’il sera plus difficile pour la cour de le déclarer illégal. Si la cour décide qu’un référendum ne peut être organisé, la Première ministre a déclaré que le SNP utiliserait les prochaines élections générales britanniques, qui devraient avoir lieu en 2024, comme un référendum de facto sur l’indépendance.

Mme Sturgeon a déclaré que si la cour jugeait qu’un référendum n’était pas légal, cela serait «  regrettable  » mais apporterait «  de la clarté  ».

«  Ce que cela clarifiera, c’est ceci : toute notion du Royaume-Uni comme une union volontaire de nations est une fiction. Toute suggestion selon laquelle le Royaume-Uni est un partenariat entre égaux est fausse  », a-t-elle déclaré, ajoutant que cela renforcerait la demande d’indépendance.

Le projet de loi proposé serait établi sur la base de la question «  l’Ecosse devrait-elle être un pays indépendant ?  ».

Les partis conservateurs, travaillistes et libéraux-démocrates sont tous opposés à l’indépendance de l’Écosse, et le chef des conservateurs écossais, Douglas Ross, a déclaré que son parti ne participerait pas à un «  prétendu référendum  » et a accusé le SNP d’être «  obsédé  » par l’indépendance.

Le SNP de Mme Sturgeon a remporté les élections parlementaires écossaises de l’année dernière par une nouvelle victoire écrasante, avec 48 % des suffrages, après avoir fait campagne pour obtenir le mandat d’organiser un nouveau référendum. Le premier, qui s’est tenu en septembre 2014, avait amené les Écossais à voter pour continuer à faire partie du Royaume-Uni à raison de 55-45 %. L’Écosse a ensuite voté pour rester dans l’UE à 63 % contre 37 % en 2016, ce qui a conduit le gouvernement du SNP à affirmer que l’Écosse avait été contrainte de quitter l’UE contre sa volonté.