Élections régionales : les acteurs du monde agricole appellent les élus à soutenir une transition verte et juste

À l’approche des élections régionales, dont le premier tour se tiendra dimanche prochain (20 juin), plusieurs associations et collectifs du monde agricole appellent les candidats à se saisir de la question de la transition agroécologique et du renouvellement générationnel.

Euractiv France
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Renouvellement générationnel, transition agroécologique, souveraineté alimentaire : selon plusieurs organisations françaises, les élus locaux ont le pouvoir d’agir sur ces défis du monde agricole. [Ekaterina Pokrovsky/Shutterstock]

À l’approche des élections régionales, dont le premier tour se tiendra dimanche prochain (20 juin), plusieurs associations et collectifs du monde agricole appellent les candidats à se saisir de la question de la transition agroécologique et du renouvellement générationnel.

« À l’heure où la crise sanitaire nous rappelle l’urgence d’un changement de modèle et d’un approvisionnement alimentaire local, les Régions ont le pouvoir d’agir ! » C’est par ce constat que Terre de Liens appelle les candidats aux élections régionales à se saisir des questions agricoles.

Conviction que le réseau associatif partage avec d’autres collectifs du monde agricole : si l’avenir de la Politique agricole commune, qui doit soutenir le changement de modèle vers une agriculture plus juste et durable, se joue au plus haut niveau européen, les élus régionaux ont la capacité de faire bouger les choses dans leurs territoires.

Les défis ne manquent pas : crise climatique, diminution galopante du nombre d’exploitants actifs en France, disparition de terres agricoles, revenus faibles…. À quoi s’ajoute le challenge de reconquérir la souveraineté alimentaire française, ambition forte du président Emmanuel Macron.

En réponse à ces enjeux, plusieurs acteurs du monde agricole proposent donc des mesures aux candidats régionaux.

Renouvellement générationnel

Premier défi : le renouvellement générationnel. Entre 2000 et 2017, plus d’un tiers des exploitations agricoles a disparu dans l’ensemble des régions, note le collectif d’associations agricoles InPACT, et 45 % des agriculteurs vont partir à la retraite d’ici 2026. Soutenir de nouvelles installations serait ainsi devenu une « urgence économique et sociale ».

Enjeu dont les régions auraient l’opportunité de s’emparer « pleinement » en faisant de la transmission des exploitations un « axe prioritaire des politiques régionales », selon InPACT. Les régions devraient notamment offrir de l’aide technique et financière afin de soutenir la restructuration d’exploitations et favoriser de nouvelles installations au moment du départ d’un agriculteur à la retraite.

Soutien qui favoriserait le maintien et la création d’emplois agricoles, contrairement à la tendance des dernières années qui consiste en un agrandissement des exploitations voisines : aujourd’hui, 50 % des terres agricoles sont cultivées par seulement 10 % des agriculteurs, note InPACT.

« Faciliter l’accès au foncier agricole est un enjeu majeur pour les régions », constate aussi Terre de Liens. Le réseau associatif propose ainsi plusieurs mesures aux candidats des régionales : soutenir des dispositifs de veille et de repérage du foncier agricole pour des projets d’installation en agroécologie, passer des conventions avec les Safer (sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural) pour réserver des terres à l’installation de nouveaux agriculteurs ou encore soutenir les acteurs qui accompagnent les candidats à l’installation.

Transition agroécologique

L’installation serait en outre un moment clé pour la transformation du modèle agricole, soutiennent les organisations. « L’appui des régions est crucial pour orienter les reprises d’exploitations vers des modèles agricoles plus durables, respectueux de l’homme et de l’environnement », note InPACT.

Même conviction du côté de Terre de Liens : les régions devraient s’engager dans ce sens en dirigeant les aides destinées à l’installation – notamment la Dotation jeune agriculteur (DJA) – vers les projets les plus vertueux. Le réseau associatif propose à cette fin la mise en place d’un « dispositif de bonification fortement incitatif pour l’agriculture biologique, l’agroforesterie, les infrastructures agroécologiques, la diversification de la ferme ou du territoire, ou encore pour les démarches collectives et l’installation de femmes en agriculture ».

En outre, pour ne pas que ce soutien se limite aux jeunes – la DJA s’applique uniquement aux personnes ayant moins de 40 ans – Terre de Liens appelle à la création de dispositifs complémentaires « sans plafond d’âge ni de conditions limitatives liées aux diplômes agricoles ».

Souveraineté alimentaire

Enfin, les régions possèderaient-elles aussi la clé pour répondre au défi de la souveraineté alimentaire de la France ? Pour la Coopération Agricole, l’Assemblée des départements de France et l’institution Régions de France, « le modèle agroalimentaire français existe grâce aux territoires sur lesquels l’alimentation est produite, distribuée, consommée ».

Ainsi, des partenariats renforcés entre les élus locaux d’un côté et les acteurs économiques des filières agroalimentaires de l’autre soutiendraient bien la « reconquête » des marchés agroalimentaires, soutiennent-elles dans un communiqué commun.

Les trois organismes souhaiteraient en outre voir les élus locaux se saisir davantage de la question des circuits courts. Les collectivités territoriales et les coopératives agricoles auraient « le devoir » de développer l’offre pour une alimentation « de qualité, produite localement et durable ». À travers leurs budgets et la commande publique pour la restauration collective (cantines scolaires, hospitalières…), les collectivités disposeraient d’un levier important pour « intensifier » l’approvisionnement sur ces critères et soutenir ainsi l’objectif de la souveraineté alimentaire.