Electricité : l’aide de l’UE ne répond pas aux besoins immédiats du Libéria

  Les projets européens de promotion de solutions publiques et privées pour pallier les besoins en électricité dans le monde ne s’attaquent pas réellement aux problèmes immédiats de l’un des pays les plus pauvres du monde, le Libéria. C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’énergie du pays.

EURACTIV.fr
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Les projets européens de promotion de solutions publiques et privées pour pallier les besoins en électricité dans le monde ne s’attaquent pas réellement aux problèmes immédiats de l’un des pays les plus pauvres du monde, le Libéria. C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’énergie du pays.

Hier (16 avril), à 65 jours de l’ouverture de la Conférence de l'ONU sur le développement durable à Rio de Janeiro, les fonctionnaires européens ont témoigné leur soutien au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui a demandé de l'aide pour les 1,5 milliard de personnes qui n'ont pas encore accès à l'électricité.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a promis d'allouer de l'argent européen pour soutenir les investissements privés et publics en faveur de projets d'énergie renouvelable dans les pays en difficulté. Il a mentionné une initiative pour le développement énergétique de 50 millions d'euros, ainsi que d'autres financements.

« Les aides ne suffisent pas, nous devons impliquer le secteur privé et nos pays partenaires doivent s'engager pour cette cause », a déclaré M. Barroso à la presse en marge d'un sommet sur l'énergie durable sponsorisé par l'UE.

« Dans les mois à venir, l'Union européenne et ses Etats membres envisageront également d'apporter un soutien significatif de l'ordre de plusieurs centaines de millions d'euros à la promotion d'investissements concrets en faveur des énergies renouvelables dans les pays en développement », a-t-il affirmé.

« Cela fera également partie de la contribution de l'UE au sommet Rio+20 de juin prochain ».

Un besoin urgent

Patrick Sendolo, le ministre libérien de l'énergie, a toutefois expliqué que son pays serait dans l'obligation d'avoir recours aux carburants traditionnels, le diesel et le pétrole, dans les années à venir pour répondre aux besoins d'un pays en grande difficulté sur le plan énergétique.

Il a affirmé que le Libéria resterait dépendant de l'aide des donateurs pour reconstruire ses infrastructures détruites lors des conflits qui ont fait rage dans le pays de 1989 à 2003.

« Le Libéria est un petit pays avec une petite population et une faible demande, ce qui signifie qu'il est très difficile d'attirer des investisseurs privés », a déploré M. Sendolo lors du sommet sur l'énergie durable pour tous organisé par l'Union à Bruxelles.

Environ 3 % de la population du Libéria qui compte 3,5 millions d'habitants ont accès à l'électricité, alors que le taux d'électrification est de 26 % en Afrique subsaharienne, d'après les chiffres du Programme des Nations unies pour le développement. Ce pays est l'un des plus pauvres : il est classé à la 182e place sur 187 dans l'Indice de développement humain 2011 de l'ONU.

Se tournant vers les ministres des autres pays en développement lors de la conférence, M. Sendolo a déclaré : « Comment pouvons-nous trouver le juste équilibre entre les besoins de nos pays et la transition vers des énergies propres et durables ? »

Le Libéria souhaite à terme miser sur la biomasse et l'énergie solaire, ainsi que sur la reconstruction des centrales hydroélectriques qui ont été démantelées et vendues en pièces détachées lors de la guerre civile. Toutefois, il est aujourd’hui forcé d'avoir recours à des générateurs électriques au pétrole et au diesel pour livrer le peu d'énergie produite dans le pays. La plus grande partie de cette énergie est générée dans la capitale, Monrovia.

Le Libéria doit en outre reconstruire ses lignes de transmission et ses autres infrastructures énergétiques.

« Les besoins sont énormes », a affirmé M. Sendolo à EURACTIV. « Nous ne pouvons pas simplement nous rendre sur le marché et dépendre du secteur privé pour tout. »

Le Ghana fixe des objectifs pour 2020

Le ministre ghanéen de l'énergie, Joe Oteng-Adjei, a déclaré que son pays s'était engagé sur la voie de la croissance durable et qu'il utiliserait à cette fin les revenus générés par les nouveaux gisements pétroliers découverts en mer.

Le Ghana est considéré comme l'un des pays les plus stables d'Afrique et il attire de nombreux investisseurs. L'an dernier, il a adopté une loi qui prévoit qu'il tire 10 % de son électricité des énergies renouvelables d'ici 2020, contre moins de 1 % aujourd'hui.

Lors de cette conférence, les ministres du Ghana, du Libéria, de la Sierra Leone et de plusieurs autres pays en développement ont tous affirmé que l'aide au développement et l'expertise technique de l'Union européenne seraient cruciales pour répondre aux besoins énergétiques du milliard de personnes qui peuplent l'Afrique subsaharienne. Plus de 60 % de ces personnes manquent d'électricité et au moins la moitié d'entre elles ne sont pas approvisionnées en eau via un réseau fiable.

L'UE devrait tenter de promouvoir l'accès universel à l'énergie durable lors de la conférence de l'ONU à Rio du 20 au 22 juin prochains.

Les dirigeants de l'UE souhaitent profiter de cet évènement pour faire adopter des objectifs internationaux en matière de durabilité pour l'énergie, l'eau et la nourriture. Ils souhaitent également accorder un pouvoir accru au Programme des Nations unies pour l'environnement, afin qu'il puisse relever les défis mondiaux en termes de protection de l'environnement et de changement climatique.