Pour l'EMA, les bienfaits du vaccin AstraZeneca contrebalancent ses risques

Il n’y a actuellement aucun lien direct entre le vaccin AstraZeneca et les cas rares de thrombose, a déclaré l’Agence européenne des médicaments (EMA), indiquant qu’elle publierait ses conclusions sur le sujet jeudi (18 mars).

EURACTIV.com
Au cours d’une conférence de presse mardi (16 mars), l’Agence européenne des médicaments s'est dite convaincue du fait que les bienfaits du vaccin britanno-suédois contrebalançaient ses risques. EPA-EFE/YVES HERMAN / POOL [<a href="https://webgate.epa.eu/webgate" target="_blank" rel="noopener">EPA-EFE</a>]

Il n’y a actuellement aucun lien direct entre le vaccin AstraZeneca et les cas rares de thrombose, a déclaré l’Agence européenne des médicaments (EMA), indiquant qu’elle publierait ses conclusions sur le sujet jeudi (18 mars).

Au cours d’une conférence de presse mardi (16 mars), l’Agence européenne des médicaments s’est dite convaincue du fait que les bienfaits du vaccin britanno-suédois contrebalançaient ses risques.

« Nous voulons souligner que le rapport entre les bienfaits et les risques de ces vaccins reste positif », a confirmé la directrice de l’EMA Emer Cooke, laissant entendre que les États membres devraient poursuivre leur campagne de vaccination.

« Il faut avoir confiance dans la sécurité et l’efficacité du vaccin. C’est primordial », a-t-elle ajouté.

Les propos de l’EMA font suite à de nombreuses inquiétudes soulevées par certains pays concernant la sécurité du vaccin AstraZeneca en raison de plusieurs cas isolés de thrombose. De ce fait, des nations comme l’Allemagne, la France et l’Italie en ont suspendu son administration. Elles ont été rejointes plus tard par l’Espagne, le Portugal, la Slovénie et la Lettonie.

Cause ou coïncidence ?

Bien qu’elle prenne ces allégations très au sérieux, l’agence a appuyé que le doute subsistait concernant le lien de cause à effet entre le vaccin et les cas de thrombose.

Les experts de l’EMA analysent actuellement la question et devraient émettre des conclusions y afférentes jeudi après-midi (18 mars), a expliqué Mme Cooke.

Par ailleurs, l’agence a saisi l’opportunité de la conférence pour souligner que le taux actuel de caillots de sang enregistré parmi les personnes vaccinées ne dépassait pas le taux normal de thromboses au sein de la population. De plus, ces incidents ont été observés dans les groupes vaccinés et placebo des essais cliniques.

« Les causes des thromboses sont multiples », a fait remarquer Mme Cooke.

Voilà qui vient contredire les propos du gouvernement allemand : avec un taux de thromboses veineuses cérébrales « supérieur à la moyenne », les autorités d’outre-Rhin ont décidé de suspendre l’utilisation du vaccin AstraZeneca, et ce malgré 1,6 million de doses déjà administrées.

Dans son communiqué, Berlin indique précisément qu’il n’aurait pas été « légitime » de continuer la vaccination tandis que les experts étaient unanimes sur le fait que les cas de thrombose auraient pu être causés par le vaccin.

Des lots spécifiques  ?

Interrogée sur un possible lien entre ces effets secondaires et des lots spécifiques de vaccins, l’agence a répondu qu’elle examinait actuellement la question.

« Les États membres nous fournissent des renseignements supplémentaires sur ce point », a fait savoir Mme Cook, avançant qu’il était toutefois actuellement impossible d’en tirer des conclusions avérées.

En outre, l’EMA a préféré se distancer de l’idée selon laquelle les décisions de suspendre l’utilisation du vaccin étaient d’une façon ou d’une autre politiques, soulignant qu’il s’agissait ici d’une « réflexion indépendante et scientifique ».

L’interruption de l’utilisation du vaccin AstraZeneca porte un coup majeur à la campagne de vaccination mondiale. La pandémie a déjà fait plus de 2,6 millions de victimes.