Emmanuel Macron réunit des oppositions sans « illusions », pour bâtir un agenda politique
Les chefs des partis politiques représentés au Parlement se réunissent mercredi autour du président Emmanuel Macron, qui souhaite identifier des points de convergence politique dans un contexte de majorité relative.
Les chefs des partis politiques représentés au Parlement se réunissent mercredi (30 août) autour du président Emmanuel Macron, qui souhaite identifier des points de convergence politique dans un contexte de majorité relative.
Après une première année de législature mouvementée, le gouvernement n’a pas réussi à créer des alliances stables, mais plutôt des compromis au cas par cas, parvenant à faire adopter par le Parlement une cinquantaine de textes.
Pour cette rentrée, le président français Emmanuel Macron a promis de vouloir prendre « une initiative politique d’ampleur », afin de « faire nation » et lancer « un cycle de discussions » avec les oppositions, détaillait-il dans Le Figaro Magazine début août.
Le moment est donc venu, avec une après-midi et un dîner de travail entre le président et les chefs des partis représentés à l’Assemblée nationale, qui se tiendront ce mercredi (30 août).
La gauche radicale (La France insoumise) et l’extrême droite (Rassemblement national) ont finalement été conviées, alors que le président avait d’abord laissé entendre qu’elles seraient exclues de ces discussions.
Lors de ce rendez-vous, les responsables politiques français doivent échanger de « la situation internationale et ses conséquences pour la France », de « l’efficacité de l’action publique », mais aussi des possibles chantiers institutionnels. « Face aux grands bouleversements géopolitiques, climatiques, technologiques […] » il faut « essayer d’agir ensemble », écrit M. Macron dans sa lettre d’invitation.
Vers de possibles référendums
« Au vu du contenu de votre politique et des termes de votre invitation, nous ne nous faisons pas d’illusion sur vos objectifs », ont indiqué mardi (29 août) les chefs des partis de la coalition de gauche (NUPES) dans un communiqué commun. En confirmant leur présence à l’après-midi de travail, ils ont toutefois refusé de « participer à nouveau à une mise en scène médiatique » en restant pour le dîner.
Ils affirment vouloir porter « des propositions dans l’intérêt du peuple », dont les enjeux liés au pouvoir d’achat des familles face à la rentrée scolaire, au recrutement des enseignants, aux prix de l’électricité et du carburant, ou encore à l’accès à l’eau potable.
Alors que le président souhaite que cette rencontre débouche dans des projets concrets, notamment législatifs, il a aussi évoqué la possibilité que « des référendums » soient organisés. Ainsi, les responsables politiques de la NUPES ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils demanderaient un referendum sur la réforme des retraites, bien qu’il soit peu probable que M. Macron l’accepte.
Le Rassemblement national aussi, qui sera représenté par son président Jordan Bardella, « exigera la tenue d’un grand référendums sur l’immigration le même jour que les élections européennes », le 9 juin prochain. Une initiative similaire devrait être portée par le président des Républicains, Éric Ciotti.
Parmi les sujets pouvant être soumis à référendum figure par exemple la constitutionnalisation du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), entérinée par le Parlement en février dernier.
Par ailleurs le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a indiqué lundi que le président et l’exécutif envisageaient aussi un « préférendum », à savoir un vote sur plusieurs questions à la fois.
Si cela se produisait, il s’agirait du premier référendum depuis celui sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe en 2005, que les Français avaient rejeté.