En France, le marchandage sur le délais d'interdiction du glyphosate se poursuit
À la veille du vote décisif des États membres, la France hésite encore quant au délai d'interdiction du glyphosate. Un article de notre partenaire le Journal de l'Environnement.
À la veille du vote décisif des États membres, la France hésite encore quant au délai d’interdiction du glyphosate. Un article de notre partenaire le Journal de l’Environnement.
Trois, cinq, sept ans ? Si elle semble acquise, à quel horizon l’interdiction du glyphosate entrera-t-elle en vigueur ? À la veille d’un vote décisif au niveau des Etats membres, les positions françaises flottent encore.
À quelques jours d’une séance du Scopaff qui s’annonce décisive pour l’avenir du glyphosate en Europe, les pesticides sont l’objet de proclamations politiques très tranchées en France. Il faut dire que le sens du vote hexagonal, le 25 octobre, conditionnera en grande partie l’avenir de l’herbicide le plus vendu dans le monde.
54 députés LRM sur 301
Trois eurodéputés socialistes français ont, le 19 octobre, ouvert le bal par une tribune réclamant l’interdiction pure et simple des néonicotinoïdes dans l’Union, au moment même où l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) était aux prises avec des accusations de laxisme dans l’évaluation d’un insecticide, le sulfoxaflor (voir encadré).
Le 23 octobre, ce sont 54 députés de la majorité présidentielle qui proclament dans le Monde leur souhait de voir le glyphosate interdit. « Voter contre pour notre planète : ces substances n’affectent pas uniquement les mauvaises herbes contre lesquelles on les utilise. (…) Que voulons-nous vraiment ? Continuer dans un système totalement dépendant des produits chimiques et qui arrive à bout de souffle (…) ou alors inventer une agriculture d’excellence, qui combine qualité nutritionnelle, respect de l’environnement et santé publique ? »
Trois ans vs cinq ou sept ans
Sauf coup de théâtre, la France votera contre le renouvellement de 10 ans que proposera la Commission. Mais qui l’emportera ? Stéphane Travert, qui plaide pour maintenir pendant encore 5 à 7 ans l’herbicide classé cancérigène probable par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) -une agence de l’Organisation mondiale de la santé ? Ou Nicolas Hulot qui considère que « l’idée qu’on soit en dessous de 5 ans [lui] paraît plus cohérente pour tout le monde » ?
Fin septembre, les deux ministres avaient déjà fait entendre leurs divergences, dont Édouard Philippe s’était sorti en leur commandant un rapport d’ici la fin de l’année sur les conditions d’un plan de sortie du glyphosate, « compte tenu de l’état de la recherche et des alternatives disponibles pour les agriculteurs ».
Cinq raisons de l’interdire
Au cas où les arguments lui manqueraient pour interdire le glyphosate, 34 ONG ont publié une lettre ouverte en cinq points à destination d’Emmanuel Macron. Elles y exposent les raisons, sanitaires, environnementales et agronomiques, mais aussi de crédibilité et d’éthique, qui doivent conduire à interdire maintenant ce produit.
Elles rappellent que les États généraux de l’alimentation en cours pourraient constituer « une opportunité pour décider de l’accompagnement [aux alternatives], ainsi que de la mise en place d’outils permettant aux acteurs économiques de l’agroalimentaire et de l’agrofourniture de s’adapter à la sortie du glyphosate et plus largement des pesticides de synthèse ».
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