En Italie, les invendus des grandes surfaces pour lutter contre la précarité alimentaire des plus pauvres

Le gouvernement italien de Giorgia Meloni introduira un « revenu alimentaire » pour les familles vulnérables, consistant en colis de nourriture, en se basant sur une proposition formulée par les députés de gauche.

EURACTIV Italie
Italian Prime Minister Meloni reports to the Lower House
Selon cette proposition, chaque famille à faible revenu recevra une aide comprenant des aliments et des boissons sélectionnés parmi les invendus des grandes surfaces alimentaires et collectés sous forme de colis. La proposition permettra également de lutter contre le problème du gaspillage alimentaire dans un pays où une personne moyenne gaspille quelque 37 kg par an. [EPA-EFE/ETTORE FERRARI]

Le gouvernement italien de la Première ministre Giorgia Meloni, issu de la coalition de la droite et de l’extrême droite, introduira un « revenu alimentaire » pour les familles vulnérables, consistant en colis de nourriture, en se basant sur une proposition formulée par les députés de gauche (Parti démocrate, PD).

Selon cette proposition, chaque famille à faible revenu recevra une aide comprenant des aliments et des boissons sélectionnés parmi les invendus des grandes surfaces alimentaires et collectés sous forme de colis. La proposition permettra également de lutter contre le problème du gaspillage alimentaire dans un pays où une personne moyenne gaspille quelque 37 kg par an.

La proposition prévoit de consacrer des ressources pour combattre « la pauvreté alimentaire et éviter de jeter 230  000 tonnes d’aliments invendus », a expliqué le député Marco Furfaro (PD), qui figure parmi les personnes ayant lancé l’initiative.

Afin de couvrir les coûts, le gouvernement italien a prévu de dépenser 1,5 million d’euros en 2023 pour financer cette mesure, tandis que 2 millions d’euros supplémentaires seront dépensés en 2024.

Un décret du ministère du Travail sur la proposition est attendu dans les 60 prochains jours. Il permettra très probablement de déterminer combien de personnes bénéficieront de l’initiative et quelles entités du tiers-secteur seront impliquées. Pour le moment, seules les lignes directrices de la proposition sont connues. À partir de 2023, elle sera d’abord expérimentée dans les villes métropolitaines.

La réservation des colis pour les familles se ferait via une application et leur collecte par les personnes dans le besoin. Pour les personnes âgées et dépendantes, il y devrait y avoir la possibilité de recevoir de la nourriture à domicile.

Dans le cadre du mécanisme proposé, il est envisagé « que les supermarchés communiquent les invendus alimentaires aux municipalités et ce seront ensuite les autorités locales elles-mêmes qui distribueront ou feront retirer les colis par ceux qui y ont droit », a expliqué M. Furfaro.

Le rapport 2022 du Centre d’études en investissement social (Centro Studi Investimenti Sociali, Censis) sur la situation sociale en Italie indique que 9,4 % de la population vit dans la pauvreté absolue. Les Italiens concernés sont au nombre de 5,6 millions, soit 1 million de plus qu’en 2019, avec plus d’un Italien sur quatre en risque de pauvreté ou d’exclusion.

Comme souligné par l’organisation professionnelle Coldiretti dans le rapport 2022 du Fonds d’aide européen aux plus démunis (FEAD), les nouvelles personnes en situation de pauvreté sont souvent des employés de bureau qui ont perdu leur emploi ou des petits commerçants et artisans qui ont dû fermer leur entreprise. Ces deux catégories ont beaucoup souffert de la pandémie de Covid-19 et désormais de la crise énergétique.

« Aujourd’hui, 600 000 enfants, 337 000 personnes âgées et 3 millions d’Italiens ont recours aux soupes populaires ou aux colis alimentaires lorsque tout va bien, car ils n’ont pas les moyens de faire leurs courses. Désormais, les invendus alimentaires seront donnés à ceux qui en ont besoin », a déclaré M. Furfaro.

Les critiques espèrent que la nouvelle mesure ne consistera pas seulement à donner les « restes aux nécessiteux ». L’organisation Caritas s’est par ailleurs plainte qu’« il faut aussi faire preuve de dignité à ceux qui n’ont rien, pas des restes ou des déchets ».

[Édité par Davide Basso]