En tête des sondages, la CDU veut déjà les rênes de l’économie allemande
Les conservateurs allemands pressent le chancelier social-démocrate Olaf Scholz à adopter des mesures qui, espèrent-ils, résoudront les difficultés économiques rencontrées par le pays, notamment l'abandon de la directive de l'UE sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité.
Les conservateurs allemands pressent le chancelier Olaf Scholz (Parti social-démocrate, SPD) à adopter des mesures qui, espèrent-ils, résoudront les difficultés économiques rencontrées par le pays, notamment l’abandon de la directive de l’UE sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CSDDD).
L’année dernière, l’économie allemande, troisième économie mondiale et première au niveau européen, a basculé dans le rouge. Et les prévisions de croissance pour l’année à venir ne sont pas réjouissantes.
Bien qu’attendue, cette récession n’en reste pas moins une mauvaise nouvelle pour le gouvernement d’Olaf Scholz — composé du SPD, du Parti libéral-démocrate (FDP) et de l’Alliance 90/Les Verts — déjà aux prises avec une impopularité record et une multiplication des revendications sociales.
Fin 2025, les Allemands éliront un nouveau gouvernement et, selon les derniers sondages, la force politique de centre droit CDU/CSU pourrait bien diriger le prochain gouvernement.
« Les perspectives économiques de notre pays continuent de se détériorer de manière significative en 2024 », a déploré Friedrich Merz, chef de file de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU) probablement en lice pour reprendre le poste de chancelier. Face à cette situation, de nombreuses entreprises « délocalisent une partie, voire la totalité de leur production » dans d’autres pays, a-t-il ajouté dans une lettre envoyée au chancelier Scholz à la fin de la semaine dernière.
Dans cette lettre, il présente 12 mesures pour sauver l’économie du pays et rendre les entreprises allemandes plus compétitives.
Friedrich Merz a déjà exhorté Olaf Scholz à abandonner ses partenaires gouvernementaux actuels et a appelé à un retour de la « grande coalition » du pays, composée de la CDU/CSU et du SPD — coalition qui devrait également se concentrer davantage sur la question de l’immigration, selon lui.
Pour sauver l’économie, M. Merz envisage la diminution d’un sixième de l’impôt sur les sociétés ou encore le plafonnement des cotisations de sécurité sociale à 40 % du salaire brut. Certaines mesures doivent également être prises au niveau de l’Union européenne, estime-t-il, et l’Allemagne devrait par exemple opposer son veto à la directive de l’UE sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité.
Le FDP a salué les proposition des conservateurs, tandis que les Verts et le SPD se sont montrés plus prudents.
Pour sa part, le vice-chancelier et ministre de l’Économie et du Climat Robert Habeck (Alliance 90/Les Verts) propose un budget alternatif spécial de 1,6 billion d’euros pour l’industrie, déboursés par le biais de crédits d’impôt ne requièrent pas trop de paperasserie.
Quant au ministre des Finances, Christian Lindner (FDP), il a évoqué un « programme de dynamisation », qui se traduit par une réduction de l’impôt sur les sociétés, une révision des ambitieux plans allemands en matière d’énergies renouvelables et une focalisation sur la tarification du CO2 plutôt que sur l’« interdiction » de certaines technologies — en référence peut-être à l’interdiction du moteur thermique et des systèmes de chauffage fonctionnant aux combustibles fossiles.
Le SPD de Olaf Scholz n’a pas encore présenté ses propositions pour redresser l’économie du pays.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]