Énergies renouvelables : une alliance d’États membres élabore ses priorités pour la prochaine Commission
Avant une réunion du Conseil « Énergie », les représentants des États favorables aux énergies renouvelables se sont mis d’accord pour faire pression sur la Commission qui sera établie après les élections de juin afin de mettre en place davantage de politiques en faveur du renouvelable.
Lors d’un petit-déjeuner de travail avant le Conseil « Énergie » de jeudi (30 mai), les représentants des États membres de l’UE favorables aux énergies renouvelables se sont mis d’accord pour faire pression sur la Commission qui sera établie après les élections de juin afin de mettre en place davantage de politiques en faveur du renouvelable.
Leonore Gewessler, ministre autrichienne de l’Énergie, a déclaré en amont de la réunion qu’« il est évident que les énergies renouvelables joueront un rôle prépondérant dans le système énergétique de demain ».
Actuellement, en Europe, deux blocs informels — le groupe des « Amis du renouvelable » mené par l’Autriche et l’« Alliance du nucléaire » par la France, regroupant chacun au moins 13 pays — s’opposent sur la direction que doit prendre la politique énergétique de l’UE durant la prochaine législature (2024-2029).
L’année 2023 a été marquée par des avancées importantes pour les Français, qui ont obtenu la reconnaissance du nucléaire dans le règlement pour une industrie « zéro net » (Net-Zero Industrial Act, NZIA). De plus la réforme du marché de l’électricité a permis à Paris de mettre en place les capacités de subventionner ses réacteurs existants.
Avec un remaniement à venir à Bruxelles après les élections européennes, l’alliance en faveur du renouvelable cherche à gagner du terrain.
Mme Gewessler, qui est à l’initiative du groupe des « Amis du renouvelable », a expliqué que les pays favorables à ces sources d’énergie travaillaient actuellement sur leurs priorités pour la prochaine Commission, ce qui semble laisser entendre qu’un document est en cours d’élaboration
Étant donné que l’exécutif prévoit une part de 80 % pour les renouvelables d’ici 2040, l’objectif devrait être de « créer des conditions favorables et accélératrices »., explique la ministre.
Selon la ministre, les énergies renouvelables fournissent un système énergétique « indépendant, résilient, respectueux du climat et bon marché », ce qui en a fait « la voie à suivre ».
Son homologue espagnole Teresa Ribera, coprésidente de la réunion de jeudi, a souligné que « l’engagement en faveur de l’autonomie stratégique en matière d’énergie passe par des investissements accrus dans les énergies renouvelables ».
Mme Ribera, tête de liste du Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE) pour les Européennes, a également exprimé son désir de prendre en charge le portefeuille de l’Énergie et du Climat au sein du prochain exécutif de l’UE.
L’« Alliance du nucléaire » dirigée par la France et la République tchèque n’a pas tenu de réunion ce jour-là, bien que traditionnellement le groupe essaie de faire coïncider ses réunions avec celles de ses concurrents pros renouvelables.
En revanche, une réunion de deux jours s’est tenue pour l’Alliance industrielle européenne pour les petits réacteurs modulaires (PRM), réunissant la Commission, l’industrie et les États membres de l’UE, dans le but de lancer le premier réacteur de ce type en Europe dans les années 2030.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]