L'Espagne « inquiète » du débat sur le budget de l'UE
Ces commentaires interviennent après l'appel lancé par l'Allemagne et d'autres pays « frugaux » en faveur de réductions importantes de la proposition à 1 800 milliards d'euros présentée par Bruxelles
L’Espagne a fait part de ses inquiétudes concernant le débat actuel sur le budget de l’UE, alors que les capitales se précipitent pour conclure un accord sur cette enveloppe de 1 800 milliards d’euros d’ici fin 2026.
« Pour être honnête, je suis inquiet au sujet des discussions sur le CFP », a déclaré mercredi à Bruxelles Carlos Cuerpo, ministre espagnol des Finances, en référence au cadre financier pluriannuel (CFP), nom officiel du budget septennal de l’UE.
« Tout le monde comprend la nécessité d’investissements supplémentaires, tant publics que privés, tant au niveau national qu’au niveau de l’UE », a-t-il ajouté.
« Mais lorsqu’il s’agit de discuter de l’ampleur et de l’ambition du budget commun, nous revenons en quelque sorte aux discussions précédentes, où nous voulons limiter [sa] taille. »
Ces déclarations interviennent quelques jours seulement après l’appel lancé par les États membres dits « frugaux » – dont l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède – en faveur de réductions totalisant « plusieurs centaines de milliards d’euros » sur le CFP de 1 800 milliards d’euros proposé par la Commission européenne, qui doit entrer en vigueur en 2028.
L’Espagne, l’Italie et de nombreux autres pays du sud et de l’est de l’Union s’opposent à cette pression, arguant que le budget doit être revu à la hausse pour financer de nouvelles priorités, telles que la défense, ainsi que des priorités traditionnelles comme l’agriculture et le développement régional.
Ces déclarations interviennent également alors que les 27 États membres de l’Union s’efforcent de parvenir à un accord sur le budget d’ici décembre, avant les élections présidentielles françaises de l’année prochaine qui menacent de faire dérailler les négociations.
António Costa, président du Conseil européen, effectue actuellement une tournée des capitales européennes afin de trouver une solution. L’Irlande, qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE, devrait présenter une proposition de compromis en octobre.
Interrogé par Euractiv sur la possibilité de parvenir à un accord avant la fin de l’année, Cuerpo a répondu : « Nous comptons sur l’expertise du président du Conseil européen pour mener ces discussions. Mais la perspective espagnole est très claire. »
(mm)